On sent le vécu. Cyril Gely et Éric Rouquette ont dû avoir de sacrés voisins pour tricoter une histoire aussi réaliste et qui parle à tout le monde. Avec La Véranda, ils se sont approprié l'aphorisme de Pierre Desproges : « Le voisin est un animal nuisible assez proche de l'homme. »
Le sujet est banal, mais traité de façon caustique : la famille Constant voit débarquer le couple Neveu dans la maison attenante à la leur. La première est fin prête à partager ses parties de boules, son barbecue et quelques canettes. Malheureusement, les seconds, des Parisiens collet monté à la recherche du calme de la campagne, ne l'entendent pas de cette oreille. « Chacun chez soi », assènent-ils à l'heure de l'apéritif, d'autant qu'ils envisagent de faire construire une véranda. Un crime de lèse-majesté, selon les Constant, qui condamnerait à coup sûr le terrain de boules.
Dirigés par Francis Perrin, un familier de la comédie, dans un décor sans prétention, mais tout à fait adapté d'Olivier Prost, les comédiens s'en donnent à coeur joie. Les Constant, alias Lisa Schuster et Gérard Loussine, et les Neveu, respectivement Marie Piton et Marc Fayet, sont plus vrais que nature. Quant à Isabelle de Botton, en femme de ménage à la langue bien pendue, elle est épatante.
« La Véranda », au Théâtre La Bruyère, Tél. : 01 48 74 76 99.
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