• Marie Laforêt, une Callas en or

    Nathalie Simon
    07/11/2008 | Mise à jour : 16:08
    | Ajouter à ma sélection
    .

    La comédienne triomphe au Théâtre de Paris dans la reprise de « Master Class » , la pièce de Terrence McNally qui évoque la vie de la grande cantatrice.

    En cette période morose pour les théâtres, rares sont les comédiens qui suscitent un enthousiasme unanime. Marie Laforêt fait exception. Bluf­fante, éblouissante, magistrale, elle l'est incontestablement dans le rôle de la Callas sur la scène du Théâtre de Paris. Chignon impeccable, collier de perles blanches sur chemisier clair, ample jupe noire, perchée sur des talons, la grande dame donne ses leçons à des élèves attentifs, mais impressionnés. Nous, le public, nous sommes conquis dès les premières minutes.

    La connivence que « la fille aux yeux d'or » parvient à établir est telle que chacun cherche à « sentir » la musique dont elle parle si merveilleusement. Exigeante avec les autres, mais d'abord avec elle-même, dit-elle, rigoureuse, tyrannique, Marie Laforêt est la Divine qui martèle les qualités indispensables pour maîtriser l'art du chant : travail, concentration, rigueur et, si possible, mais à ses yeux, quasiment inaccessible, le talent, voire la grâce.

    Dans une mise en scène brillante de Didier Long, en majesté dans la lumière de Gaëlle de Malglaive sur le fond nu du théâtre, Marie Laforêt-Maria Callas prend à témoin les spectateurs, étudiants d'un soir. Les candidats à l'excel­lence défilent sous le regard implacable de la diva et du pianiste, Frédéric Rubay. On les voit martyrisés, mais on ne peut s'empêcher de rire. Beaucoup, car le spectacle est très drôle. Il nous fait passer d'un état d'âme à l'autre. On est remué quand l'inoubliable Traviata évoque sa gloire et ses amours perdues, notamment Aristote Onassis, pour lequel elle sacrifia sa carrière.

    Passionnée par l'opéra, l'ac­trice connaît fort bien la cantatrice grecque, qu'elle a croisée à deux reprises dans le passé. En outre, elle l'avait déjà incarnée en 1999, après une autre grande dame, Fanny Ardant. Elle avait vu sa prestation couronnée par un molière.

    Entourée d'excellents jeunes artistes, Marie Laforêt est là au sommet de son art. « Je suis folle de vous », chantait-elle dans les années 1960. Un titre que ses fidèles peuvent aujourd'hui reprendre à leur compte. On sort du théâtre avec l'impérieux désir de réécouter l'une des plus belles voix du monde.

    Jusqu'au 22 novembre, Théâtre de Paris, Tél. : 01 48 74 25 37 et www.theatredeparis.com
    » Retrouvez « Master Class » au Théâtre de Paris avec le FigaroScope

    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    .
    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    Mobile
    3D
    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • Le retour de la Madeleine

    Lola Sémonin revient avec son personnage fétiche au Théâtre Rive Gauche. Un plaidoyer pour la tolérance.

    .
  • Luchini tel qu'en lui-même 

    Luchini tel qu'en lui-même <br/>

    L'acteur reprend «Le Point sur Robert» à l'Espace Cardin.

    .
  • Un Labiche joyeux, mais guère cruel 

    Jérémie Lippman met en scène « L'Affaire de la rue de Lourcine » à La Pépinière Théâtre.

    .
    .
  • Pour rire, rêver, pleurer, être ému
    et s'étonner 

    Petite sélection Paris et banlieue classée par affinités.

    .
    .
  • .

    Éric Métayer, maître
    de l'improvisation

    Le comédien joue seul et en virtuose « Un monde fou » , la pièce de Becky Mode, mise en scène par Stephan Meldegg. Portrait.

    .
    .
  • Trop de neuf à l'orée 2009

    LA CHRONIQUE d'Armelle Héliot - « Le théâtre ne s'évalue pas sur le papier. Il faut y aller. Prendre des risques. Cela vaut toujours le coup : on partage ! »

    .
    .
  • Olivier Py revisite trois contes
    de Grimm

    Le metteur en scène s'attaque à des œuvres méconnues des auteurs allemands à l'Odéon. Avec l'audace qu'on lui connaît. Explications.

    .
    .
  • .

    Harold Pinter,
    l'homme en colère

    Prix Nobel 2005, dramaturge le plus joué au monde, scénariste de Joseph Losey, Harold Pinter est mort mercredi soir à Londres à l'âge de 78 ans.
    » Comment Pinter est devenu un classique

    .
    .
  • Victor et Juliette, les amants terribles

    Anthéa Sogno a concocté une pièce vibrante de passion baséesur la correspondance de Victor Hugo et Juliette Drouet.

    .
    .
  • .

    Une Mathilda May peut en cacher une autre

    VIDÉO - La comédienne triomphe au Théâtre du Splendid dans «Plus si affinités», un spectacle sur les rencontres qu'elle a écrit avec Pascal Légitimus.

    .
    .
.
.