• Valérie Lemercier,
    toute en trac

    Nathalie Simon
    04/11/2008 | Mise à jour : 11:43
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    La comédienne remonte sur les planches au Palace avec un one-woman-show écrit dans l'urgence.

    La poignée de main est franche mais, sous les boucles brunes, les cernes trahissent une grosse fatigue. Assise au bar d'un luxueux hôtel parisien, Valérie Lemercier vit l'angoisse de l'artiste en pleine création. Pull noir à manches courtes sur chemisier rouge, jupe en jean foncée assortie aux bottes de cuir et aux collants sombres, la comédienne entend faire l'impasse sur le déjeuner. Elle est toutefois sortie de chez elle pour se livrer à l'exercice obligé de la promotion.

    Installée dans un imposant fauteuil en velours rouge, elle se gratte le genou, croise et décroise les doigts, se penche vers vous ou se rétracte. Sa tension est palpable. Valérie Lemercier élabore son nouveau one-woman-show, qu'elle présentera au Palace à partir du 5 novembre, avec Brigitte Buc, déjà sa complice pour le film Palais royal. « J'ai toujours le trac. À mort, c'est peu de le dire, avoue-t-elle devant un Coca-Cola Light. J'apprends à canaliser, je m'isole, j'écoute de la musique, gaie ou triste, les Spice Girls par exemple. Là, j'ai décidé d'arrêter les mélodies tristes. » À quelques jours de la première, Valérie Lemercier cherche encore ses personnages. « Je ne veux pas faire un spectacle trop bavard, il doit faire rire sans être trash. Il sera moins noir que le précédent, peut-être plus caustique. C'est compliqué d'en parler quand on est en train d'écrire, j'ai besoin d'être dans l'urgence. J'ai déjà dessiné l'affiche. »

     

    Une touche-à-tout

     

    C'est vrai, Valérie Lemercier sait tout faire, dessiner et écrire donc, mais aussi jouer, chanter - on a encore en tête l'air de Mange mes frites, composé par Bertrand ­Burgalat en 1996 -, danser, prêter sa voix, comme pour Chicken Run, et mettre en scène. Elle l'a largement prouvé depuis son premier long-métrage, Quadrille, une jolie comédie avec André Dussollier, Sandrine Kiberlain et Sergio Castellitto. Plus tard, sa prestation dans Les Visiteurs lui a valu le césar du meilleur second rôle féminin. Depuis, elle cumule tous les talents, au gré de ses désirs. « Je pourrais me passer de jouer dans des films », observe-t-elle.Heureusement pour ses fidèles, elle sort du tournage du Petit Nicolas de ­Laurent Tirard et sera à l'affiche de Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes. « Je suis mieux en mouvement qu'à l'arrêt » , dit-elle joliment.

    Cela faisait sept ans que la géniale touche-à-tout n'était pas montée sur scène. C'était dans une autre salle mythique, l'Olympia. Il y eut aussi les Folies Bergère. La dame serait-elle masochiste ?

    « Oui », reconnaît-elle après un temps de réflexion. « Au départ, on fait des spectacles pour ses parents, ça a un peu changé », lâche cette fille d'agriculteurs. Elle avait l'âge de 3 ans, se souvient-elle, quand elle les fit rire pour la première fois. « J'a vais l'impression d'être aimée de cette façon-là. C'était gratifiant. Ils m'ont laissé partir à 18 ans. Ils viennent voir mes spectacles, mais ne découpent pas les articles de journaux. » Pas grave. L'artiste a trouvé sa voie depuis belle lurette. « Je suis intéressée par le décalage des gens, entre ce qu'ils montrent d'eux et ce qu'ils sont réellement, détaille-t-elle. Sur scène, j'essaie de jouer des choses les plus proches possibles de moi. C'est comme cela que je me rapproche du public. Il faut se creuser la tête pour donner l'impression du naturel. »

    » Le Palace renoue avec ses années fastes

    « Valérie Lemercier au Palace ! », 8, rue du Faubourg-Montmartre, 75009 Paris, tél. : 01 40 22 60 00.

    » Retrouvez Valérie Lemercier au Palace avec le FigaroScope

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