D'emblée, on remarque la somptueuse bibliothèque aménagée par François Cabanat, sur le plateau du théâtre parisien Artistic Athévains. Une échelle permet d'accéder aux rayons élevés. Des bureaux et des chaises en bois s'étalent sur un épais tapis vert encadré de deux rideaux de velours rouge.
Ce cadre chaleureux donne le ton : on va parler livres. « Une femme doit avoir de l'argent et une chambre à soi si elle veut devenir écrivain », commence Virginia Woolf, alias Edith Scob simplement vêtue d'une veste, d'un pull et d'un pantalon. La comédienne offre aux amoureux des mots la conférence que la célèbre romancière anglaise proposa en 1928 aux étudiants de Cambridge : « Les femmes et le roman ».
Une passionnante réflexion sur la place de la gent féminine dans l'histoire de la littérature, les mystères de la création, l'influence des hommes, l'évolution de la condition féminine enfin.
Dit avec un humour parfois féroce, ce texte d'une grande modernité est un plaidoyer pour l'émancipation des auteurs féminins doublé d'un témoignage essentiel sur leur parcours pour s'imposer dans un monde qui leur a longtemps fermé les portes.
Virginia-Edith prévient ses interlocuteurs attentifs que des mensonges auxquels elle mêlera quelques vérités jailliront de sa bouche. À ses étudiants d'un soir de démêler le vrai du faux. Dirigée par Anne-Marie Lazarini, déambulant le long de la scène, Edith Scob parvient à retenir leur attention jusqu'à la fin.
« Une chambre à soi », jusqu'au 16 novembre, Théâtre Artistic Athévains, 45, rue Richard-Lenoir, 75011 Paris. Tél. : 01 43 56 38 32. Le livre de Virginia Woolf, traduit par Clara Malraux, est édité chez Denoël. Rencontre autour de l'auteur, le 10 novembre à 18 h 30.
» Retrouvez « Une chambre à soi » au Théâtre Artistic Athévains avec le FigaroScope
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