
Seul au monde. Insatiable ogre. Sébastien Loeb est entré ce week-end dans la légende de la planète auto en décrochant, au Japon, une cinquième couronne consécutive de champion du monde des rallyes (de 2004 à 2008). Avant même la dernière course en Grande-Bretagne. L'Alsacien efface des tablettes deux pilotes d'exception, les Finlandais Juha Kankkunen (1986, 1987, 1991, 1993) et Tommi Mäkinen (1996 à 1999).
Au terme d'une étape japonaise retorse, baignée par des trombes d'eau et conclue à la troisième place, Loeb savoure. Sans effusion excessive. Comme d'habitude. «C'est un grand moment pour moi et pour Daniel (Elena, son copilote, NDLR), une grande satisfaction, confie le pilote Citroën, 34 ans. On avait déjà le record de victoires (46) et maintenant on a aussi le record de titres (5). Ce sont les deux records qui comptent vraiment en rallye, alors ce deuxième record me tenait à cœur. On l'a, c'est génial. Je suis fier d'y être arrivé.»
Les trois jours de course au Japon ont été éprouvants. Une troisième place suffisant pour être sacré, il a joué la prudence plutôt que l'attaque. «C'était terrible, horrible, vraiment le rallye le plus long de la saison», lâche Loeb. Et tout a failli être réduit à néant. Dans l'avant-dernière spéciale, sa voiture est partie en tête-à-queue à 300 mètres de la ligne d'arrivée. Sans conséquence.
Brillant vainqueur sur les routes nippones, le Finlandais Mikko Hirvonen (Ford) n'a pu suivre cette saison la cadence infernale du Français sur asphalte. Et reconnaît : «Il a bien mérité son titre. Tout le monde peut voir qu'il a gagné dix rallyes cette saison. Moi je n'ai pas pu. Je devrai juste réessayer l'an prochain.» La lutte à venir s'annonce encore plus féroce. Ce que redoute Sébastien Loeb : «Hirvonen progresse d'année en année et a été très difficile à battre. Je suis sûr que ce sera pareil l'an prochain.»
Dans sa quête d'excellence, l'ancien gymnaste pourrait désormais viser l'historique série de sept titres mondiaux réalisée par l'Allemand Michael Schumacher en F1. Mais le Français n'entend pas griller les étapes. «Je ne me pose pas la question des sept titres de Schumacher, modère-t-il. Pour l'instant, l'objectif, c'est d'en gagner un sixième, l'an prochain, avec Citroën.»
Chaque chose en son temps. L'autre histoire attendra.
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