• Près de la moitié des Français souffrent de surpoids

    Marc Mennessier
    07/08/2008 | Mise à jour : 17:44 |
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    Les jeunes générations et les personnes défavorisées sont les plus touchées.

    L'«épidémie mondiale d'obésité» qui sévit depuis une vingtaine d'années, principalement dans les pays développés, n'épargne pas la France. Certes, en 2001, la proportion d'obèses (1) dans la population des plus de quinze ans était trois fois moins importante chez nous qu'aux États-Unis (9,4 % contre 30,6 %). Mais le phénomène ne cesse de s'amplifier. La prévalence de l'obésité, toutes classes d'âge confondues, est passée de 8,2 % en 1997 à 12,4 % en 2006, selon l'enquête ObEpi réalisée par l'Inserm, la Sofres et les laboratoires Roche. Si l'on ajoute les personnes en surpoids (2), près de la moitié de la population française adulte souffre d'une surcharge pondérale. Soit près de 20 millions de personnes !

    «C'est moins le niveau atteint qui est préoccupant, que sa progression et son apparition de plus en plus précoce dans le cycle de vie», écrivent les auteurs du rapport de l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale des affaires sociales qui pointent également de «fortes inégalités sociales».

    En clair, comme le souligne le Pr Arnaud Basdevant (Hôtel-Dieu, Paris), l'un des responsables de l'enquête ObEpi, «les jeunes générations sont atteintes plus précocement que les précédentes et elles développent des formes de plus en plus sévères d'obésité». Ce qui laisse augurer, dans les prochaines années, un afflux de malades souffrant de pathologies associées à l'obésité (troubles cardio-vasculaires, diabète, dyslipidémie, cholestérolémie…) et une envolée des coûts sanitaires correspondants.

    À l'instar de ce qui se passe aux États-Unis, c'est dans les milieux sociaux les plus défavorisés que la prévalence de l'obésité est la plus forte. En 2006, en France, 18,8 % des personnes ayant un revenu mensuel inférieur à 900 euros étaient obèses contre seulement 6,6 % chez celles qui gagnent plus de 3 800 euros par mois.

    Manque d'activité physique

    Cet écart, qui ne cesse de se creuser depuis 1997, s'explique par le fait que les aliments riches en graisses et en sucres (pizzas, hamburgers…), typiques des fast-foods dont la fréquentation ne cesse de croître, sont moins chers que les aliments plus sains. Autrement dit, les féculents, les poissons, les fibres alimentaires ou encore les fruits et légumes sont boudés par une majorité de Français. Le rapport note que la consommation de fibres est «inférieure de 35 % à la recommandation».

    En revanche, la consommation d'alcool reste excessive (surtout chez les hommes) tout comme celle de graisses, de sucres (chez les enfants) et de sel. Pour ne rien arranger, le mode de vie moderne est très sédentaire. Un tiers des adultes ne font pas assez d'activité physique, alors que les médecins recommandent de pratiquer entre une demi-heure et une heure de sport par jour pour éviter le surpoids.

    (1) Un individu est obèse lorsque son indice de masse corporelle ou IMC (calculé en divisant son poids par le carré de sa taille exprimée en mètre) est supérieur à 30.

    (2) Avec un IMC (voir note 1) compris entre 25 et 30.

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