Volontaire mais brouillonne, l'équipe de France a dominé dans la douleur l'Argentine à Marseille (12-6). Mais le chantier de Marc Lièvremont est encore loin d'être achevé.
Après deux défaites de rang en Coupe du Monde qui avaient contribué à mettre un terme à l'ère Laporte il y a un peu plus d'un an, l'équipe de France est enfin parvenue à faire chuter sa bête noire argentine. Difficilement, en enflammant rarement le Stade Vélodrome, mais grâce à une volonté et une envie sans failles.
Picamoles sonne la charge
Pour entamer cette tournée automnale, Marc Lièvremont avait décidé d'apporter de la puissance au pack tricolore qui avait montré d'inquiétants signes de faiblesse durant le dernier Tournoi. Plus armée devant, l'équipe de France chahutait dès les premières minutes le paquet adverse. Dominateurs en conquête, les Bleus prenaient même le jeu à leur compte en tentant de jouer au large le plus rapidement possible pour éviter la roublardise des Pumas dans les regroupements. Enthousiaste donc, le XV de France manquait en revanche de rigueur, se faisant sanctionner trois fois au sol dans les dix premières minutes mais Contepomi n'en profitait pas. Dans la foulée, David Skrela, idéalement placé, débloquait le tableau d'affichage sur un joli drop (3-0, 11e).
Les intentions et l'envie étaient tricolores, mais à l'image d'une spectaculaire relance de Julien Malzieu plein axe, les attaques étaient gâchées par de nombreuses imprécisions. Un match haché se mettait alors en place, obligeant Jean-Baptiste Elissalde à utiliser le jeu au pied. Efficace mais pas déterminant puisque Picamoles jusqu'alors irréprochable, était sanctionné et offrait l'égalisation à Contepomi sur pénalité (3-3, 27e). L'arbitre, très pointilleux, multipliait les coups de sifflet à l'encontre de deux équipes nerveuses. Cela permettait à Skrela, puis Baby, de faire passer la France devant (29e et 32e) mais aussi à Contepomi de réduire l'avantage (9-6, 34e), toujours sur pénalité après une nouvelle erreur au sol des Tricolores.
La conquête française chahutée
Constatant que les organismes s'usaient, les sélectionneurs décidaient de faire rentrer Sébastien Chabal (à la place de Nallet) réclamé par le public phocéen (58e). L'impact player apportait son écot au combat âpre qui s'installait dans le camp argentin. Car si l'Albicesleste pliait, elle se montrait toujours aussi combative et accrocheuse en défense. Les minutes passaient et les deux équipes peinaient de plus à plus à percer le premier rideau adverse. L'humidité décourageait le jeu au large et la partie s'enfonçait dans une guerre de tranchées loin d'être spectaculaire. Sauf dans les derniers instants de la rencontre où, sur les genoux, les Argentins résistaient sans trop savoir comment à des vagues bleues désordonnées. Récompensés de leurs efforts, les Bleus bénéficiaient d'une pénalité qui permettait à Skrela d'alourdir la marque (12-6). Une dernière attaque désespérée des Pumas faisait trembler le Vélodrome avant la libération du coup de sifflet final. L'humiliante fessée du Parc des Princes (10-34) pour la troisième place de la Coupe du Monde est un peu effacée. C'est déjà ça.
Fiche technique du match :
France-Argentine 12-6
Stade Vélodrome (Marseille)
57 300 spectateurs
Arbitre : M.Kaplan (AFS)
Essai : Aucun
Transformation : Aucune
Pénalités : Skrela (30eme, 79eme), Baby (32eme) pour la France - Contepomi (17eme, 37eme) pour l'Argentine
Drop : Skrela (11eme) pour la France
France : Médard (Palisson, 73e) - Malzieu, Jauzion, Baby, Heymans - Skrela, Elissalde (Parra, 73e) - Harinordoquy, Picamoles (Ouedraogo, 69e), Dusautoir - Millo-Chulski, Nallet (Chabal, 57e) - Lecouls (Mas, 48e), Szarzewski (Kayser, 65e), Barcella.
Argentine : Stortoni - Leonelli, Tiesi (Martin-Aramburu, 41e), Contepomi, Agulla - Hernandez, Vergallo - Galindo (Lozada, 50e), Fernandez Lobbe, Durand - Alvarez-Kairelis (Campos, 68e), Albacete - Roncero, Ledesma, Orlandi (Ayerza, 57e)
Le match en images :
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