• Ceux qui vont compter Rue de Solférino 

    Nicolas Barotte
    21/11/2008 | Mise à jour : 20:12
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    Quatre figures appelées à intervenir : Vincent Peillon et Aurélie Filippetti, proches de Ségolène Royal, Harlem Désir, bras droit de Delanoë, Benoît Hamon, nouveau leader de l'aile gauche.
    Quatre figures appelées à intervenir : Vincent Peillon et Aurélie Filippetti, proches de Ségolène Royal, Harlem Désir, bras droit de Delanoë, Benoît Hamon, nouveau leader de l'aile gauche. Crédits photo : © Nicolas MARQUES

    Benoît Hamon, Vincent Peillon, Harlem Désir ou Aurélie Filippetti ont gagné leurs galons durant le congrès.

    LE RENOUVELLEMENT au sommet attendra. Ni Pierre Moscovici, ni Julien Dray, tous deux candidats officiellement à la fonction de numéro un du PS, ni aucun « quadra », prétendants plus ou moins officieux, n'aura réussi à se hisser à la tête du parti. Les ténors tiennent toujours la place. Mais la campagne pour le congrès de Reims a cependant fait émerger de nouveaux visages appelés à peser sur la vie du PS, dans les années à venir. Chaque camp l'avait promis avant le vote : « Le renouvellement aura lieu. »

    La gauche du PS s'est trouvé un leader : Benoît Hamon. À 41 ans, le député européen a porté sa candidature au poste de premier secrétaire jusqu'au bout. Réunissant derrière lui toutes les sensibilités de la gauche du PS, il a obtenu jeudi 22,8 % et il a pris date pour l'avenir. À ses yeux, c'est un bon résultat compte tenu de la configuration : quasiment inconnu, il s'est frayé un chemin entre les leaders affirmés du parti. Désormais, on lui tend la main pour constituer avec ses troupes une majorité dans le parti. Mais il n'est pas sûr qu'il parvienne à faire basculer le parti sur sa ligne politique de « restriction au libre-échange ».

    Quel que soit le rôle qu'il pourrait jouer, Hamon aura remporté un premier pari : imposer son visage dans le paysage socialiste. Héritier du courant d'Henri Emmanuelli, il a par ailleurs conservé du temps où il était président du Mouvement des jeunes socialistes, des réseaux solides dans les organisations de jeunesse.

    Sans être « chef de tente » (premier signataire d'une motion dans le jargon du parti), de nouveaux « lieutenants » ont été promus. Pour mener sa campagne, Ségolène Royal a pris à son côté Vincent Peillon, l'ancien leader du courant Nouveau Parti socialiste, auquel appartenait Benoît Hamon. Député européen de 48 ans, philosophe de formation, il s'est attaché à « organiser » le réseau de l'ancienne candidate à la présidentielle.

    Après le vote sur les motions d'orientation le 6 novembre, Vincent Peillon a cru pouvoir apparaître comme un candidat de compromis possible entre les royalistes et leurs opposants. Mais rapidement, il a dû abandonner l'idée.

    Bertrand Delanoë s'est lui aussi doté d'un bras droit à l'occasion de ce congrès : Harlem Désir. Clé de voûte du courant, il a réussi une percée. Le député européen, qui fête ses 49 ans dans quelques jours, s'est illustré comme l'un des opposants les plus stricts à Ségolène Royal. Tout pour plaire à Martine Aubry. Durant le week-end du congrès de Reims, les partisans de Bertrand Delanoë avaient même suggéré son nom comme candidat au poste de premier secrétaire. L'ancien président de SOS Racisme, star politique des années 1980 et ami de Julien Dray, a réussi un retour au premier plan au sein du Parti socialiste.

    Recrue récente, Aurélie Filippetti est destinée à incarner la relève féminine. Ancienne militante Verte, la députée de Moselle, 35 ans, a rejoint le PS au moment de l'élection présidentielle, pour soutenir Ségolène Royal. Après son élection aux législatives de juin 2007, elle est devenue l'une des porte-parole du groupe parlementaire.

    Une autre voix, enfin, est parvenue à percer durant les mois précédents : Manuel Valls. Électron plus ou mois libre au PS, cet opposant direct mais solitaire au premier secrétaire sortant François Hollande a évité le pire à l'occasion du congrès : la marginalisation. Après s'être engagé dans le camp des grands élus, Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, le député maire d'Évry, 46 ans, a rejoint la motion de Ségolène Royal. Durant la campagne, il était devenu le porte-parole de fait de l'ancienne candidate. « Pour quelqu'un qu'on disait isolé… », observait-il parfois.

    Désormais, les uns et les autres vont devoir trouver leur place dans un parti divisé en deux, trois, quatre blocs. Mais chacun se voit d'ores et déjà indispensable lorsque la gauche reviendra au pouvoir.

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