• Chérèque fustige
    la politique de Fillon

    Marc Landré
    20/11/2008 | Mise à jour : 09:37
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    François Chérèque lors d'une manifestation en mai dernier.
    François Chérèque lors d'une manifestation en mai dernier. Crédits photo : Le Figaro

    Le patron de la CFDT accuse le gouvernement de détruire des emplois et propose une mobilisation de masse au début de 2009.

    «Oui, la CFDT hausse le ton, mais on a des raisons de le faire.» Près de deux mois après Bernard Thibault (CGT), François Chérèque occupait mercredi la scène du Zénith de Paris pour le sixième meeting de son «Tour de France» des régions, «le plus gros de la campagne tous syndicats confondus». Son objectif ? Mobiliser les 5 000 militants présents pour les élections prud'homales du 3 décembre.

    Dopé à la cortisone pour venir à bout d'une extinction de voix, le numéro un de la CFDT a exhorté ses troupes à combattre la «politique de gribouille sans cohé­rence» conduite par François Fillon. «Quand le gouvernement favorise le gré à gré, quand il encourage l'individualisation des salaires et des heures supplémentaires, quand il veut accroître la précarité des CDD et généraliser le travail le dimanche, quand il fait croire que travailler jusqu'à 70 ans pourrait être un choix, que fait-il ?» s'est-il publiquement interrogé. Réponse : «Il poursuit une dérégulation sociale dangereuse pour l'économie, risquée pour les entreprises, nocive pour les salariés.»

    Le leader de la CFDT a ainsi accusé le gouvernement d'accroître les inégalités et de détruire des emplois avec la mise en application du célèbre slogan de cam­pagne de Nicolas Sarkozy, le «travailler plus pour gagner plus» : «Ce sont des milliers de CDD et d'emplois en intérim que l'on a remplacés par des heures supplémentaires, s'est-il exclamé, avant d'ironiser. Si certains doutaient que la RTT crée des emplois, aujourd'hui on a la preuve que l'augmentation du temps de travail crée du chômage.»

    Outre le fond des réformes, François Chérèque n'apprécie pas non plus la nouvelle stratégie du gouvernement, «sous couvert de l'urgence du changement» , de contournement des partenaires sociaux. Les ministres passent en effet de plus en plus leurs projets, comme l'extension du travail le dimanche ou le recul des mises à la retraite d'office à 70 ans, via des amendements parlementaires ne nécessitant aucune concertation préalable avec les syndicats.

    Solutions pas à la hauteur

    Cerise sur le gâteau, les dernières annonces du gouvernement en matière d'emploi pour faire face à la crise ne sont pas, selon lui, à la hauteur de la gravité de la situation, ni à la hauteur des attentes des salariés. Tout juste les décisions entérinées au G20 à Washington pour poser les bases d'une nouvelle régulation financière constituent-elles «une lueur d'espoir». De bons principes, mais qui risquent de rester «lettre morte si dans les semaines et les mois qui viennent chaque pays ne concrétise pas ses engagements».

    C'est pourquoi le secrétaire général de la CFDT milite pour une «mobilisation de masse» contre la politique du gouvernement au premier trimestre 2009. Mais pas avant, «car on ne sait pas encore très bien où on va». Il est en cela d'accord avec Bernard Thibault, qui «souhaite davan­tage de mobilisation» pour éviter que les salariés ne soient «les vrais sacrifiés» de la crise. Mais aussi avec Jean-Claude Mailly (FO), qui réclame, lui, une grande journée de grève, dans le public et le privé, après les fêtes de fin d'année.

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