• Villiers :«génocides» arménien
    et vendéen sont comparables

    De notre envoyé spécial à Erevan, Guillaume Perrault
    18/11/2008 | Mise à jour : 21:59
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    «Il serait très choquant de voir la Turquie entrer dans l'Europe, alors que l'Arménie resterait en dehors», a lancé Philippe de Villiers à l'issue de son entretien avec le président arménien, Serge Sarkissian, hier à Erevan.
    «Il serait très choquant de voir la Turquie entrer dans l'Europe, alors que l'Arménie resterait en dehors», a lancé Philippe de Villiers à l'issue de son entretien avec le président arménien, Serge Sarkissian, hier à Erevan. Crédits photo : AFP

    À Erevan, l'élu souverainiste réaffirme son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

    Retour aux fondamentaux. Philippe de Villiers, qui se prépare à présenter des listes aux élections européennes de juin 2009, s'est rendu en Arménie, de samedi à mardi, pour réaffirmer son opposition à l'adhésion de la Turquie. «La Turquie n'est pas un pays européen, ni géographiquement ni culturellement, a argumenté l'ancien candidat à l'Élysée, à l'issue de son entretien avec le président arménien, Serge Sarkissian. Il serait d'ailleurs très choquant de voir la Turquie entrer dans l'Europe, alors que l'Arménie resterait en dehors.»

    Accueilli avec chaleur par les autorités politiques et religieuses de ce petit pays de 3,3 millions d'habitants, converti au christianisme dès le IVe siècle, le président du conseil général de la Vendée n'a pas craint d'assumer une comparaison qui déclenche toujours une vive polémique. Ankara refuse de reconnaître le génocide perpétré par les autorités ottomanes, puis turques, qui causa la mort de 1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1923. Or, a estimé Villiers : «Comme l'Arménie en 1915, la Vendée a connu un génocide en 1793. Et comme le génocide arménien, le génocide vendéen n'a jamais été reconnu par ses auteurs et on n'a jamais demandé pardon aux victimes.»

    Poursuivant son raisonnement devant les élèves de l'université française d'Arménie, le député européen a jugé «probable qu'un jour un président français vienne rendre hommage aux Vendéens exterminés en 1793», comme Alexandre Soljenitsyne l'avait fait lors de sa visite en Vendée en 1993.

    Mesures de rétorsion

    L'élu souverainiste a en outre assuré qu'il soutiendrait la proposition de loi sanctionnant la négation du génocide arménien. Adopté en première lecture par l'Assemblée sous la précédente législature, ce texte n'a pas encore été inscrit par le gouvernement à l'ordre du jour du Sénat. Et Ankara menace Paris de mesures de rétorsion commerciale, s'il était définitivement approuvé. La Vendée et les autorités arméniennes ont enfin ébauché plusieurs accords de coopération dans les domaines culturel et économique.

    Très affecté par son échec à la présidentielle de 2007, Philippe de Villiers a changé. Ce champion des bons mots pendant plus de quinze ans est désormais plus grave. Le Vendéen demeure très critique sur Nicolas Sarkozy - «Il n'a pas d'axe», se navre-t-il - et veut croire que la dégradation de la situation économique pourrait lui permettre de peser dans le débat lors des européennes. D'ici là, Villiers s'économise et espère. Encore et toujours.

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