• Le PCF, lui aussi, est au bord de «l'éclatement»

    Rodolphe Geisler
    17/11/2008 | Mise à jour : 20:45
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    Alain AUBERT / Le Figaro
    Alain AUBERT / Le Figaro

    À trois semaines de leur 34e congrès, les cadres communistes apparaissent très divisés.

    Le parti communiste est-il au bord de l'implosion ? Le député maire de Vénissieux André Gerin n'est pas loin de le penser. Tenant de la ligne «identitaire», sa motion Faire vivre et renforcer le communisme a obtenu 24,03 % des suffrages, lors du vote des militants, il y a deux semaines. Tandis que ses amis «orthodoxes», avec leur motion Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme, obtenaient 15,04 %. Or, s'indigne-t-il, «il y a un groupe, parmi la direction, qui fait comme s'il n'y avait pas eu de vote des militants». Il prévient : «Si on ne respecte pas ce vote, le PCF va vers l'éclatement !»

    Objet de sa colère : la réunion prévue mardi après-midi à l'Assemblée nationale entre la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, et le nouveau Parti de gauche du sénateur Jean-Luc Mélenchon, démissionnaire du PS, en vue de constituer des listes unitaires pour les européennes. «Nous avons un congrès dans trois semaines, du 11 au 14 décembre, cette initiative qui fait fi du vote des militants nous paraît pour le moins inopportune», déplore André Gerin.

    «Buffet n'a plus de légimité»

    Pour une tout autre raison, Roger Martelli, historien du parti, proche des refondateurs, parle «de situation de crise interne ouverte». Avec son ami Pierre Zarka, il estime que l'heure est venue de dissoudre le PCF «dans une grande formation de la gauche critique, où les communistes représenteraient un simple courant, comme dans le parti allemand Die Linke». Comme Gerin, Martelli estime que Buffet «n'a plus de légitimité au sein du parti». Certes, sur le papier, sa motion a obtenu il y a quinze jours 60,91 % des voix militantes. Mais un adhérent sur deux s'est abstenu et près de 10 % avaient voté nul ou blanc à la demande des refondateurs, autrement dit les proches de Robert Hue ou encore de Jean-Claude Gayssot. Conclusion de Roger Martelli : «L'unité des communistes n'existe plus. Aujourd'hui, le PCF est divisé, il a perdu le sens de l'initiative. Le risque est que nous nous retrouvions hors d'état pour peser au sein de la recomposition de la gauche», dit-il. André Gerin, lui, exige de Marie-George Buffet qu'elle «mette les points sur les i» avant le congrès de décembre.

    Place du Colonel-Fabien, on préfère hausser les épaules face aux déclarations d'André Gerin. «Il confond tout, la rencontre que nous devons avoir [mardi] avec Jean-Luc Mélenchon n'a rien à voir avec les préparatifs du 34e congrès. Cette réunion fait suite à une résolution, pilotée par le député européen Francis Wurtz, lors d'un conseil national en octobre - donc avant que Mélenchon quitte le PS -, où, à une très large majorité, l'idée d'un rassemblement pour les européennes avait été décidé», assure un cadre.

    Porte-parole du parti, Olivier Dartigolles précise que «l'enjeu de ce rassemblement pour les européennes dépasse celui des élections en tant que telles. Dans ce paysage assez sinistré à gauche aujourd'hui, c'est une opportunité de travailler ensemble à partir d'objectifs communs».

    N'en déplaise à André Gerin, qui rêve d'un PCF à l'ancienne, ce «front progressiste» devrait aussi s'ouvrir aux minoritaires de la LCR et aux syndicalistes.

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