• Le travail dominical divise encore la majorité

    Sophie Huet
    06/11/2008 | Mise à jour : 08:19
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    Le député UMP des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié (veste claire), auteur du texte qui prévoit une «dérogation au repos dominical », au cours d'une manifestation en juin des salariés de la zone commerciale de Plan-de-Campagne située au nord de Marseille.
    Le député UMP des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié (veste claire), auteur du texte qui prévoit une «dérogation au repos dominical », au cours d'une manifestation en juin des salariés de la zone commerciale de Plan-de-Campagne située au nord de Marseille. Crédits photo : AFP

    Les défenseurs de l'ouverture des magasins le dimanche invoquent la liberté de travailler.

    L'ouverture des magasins le dimanche pourrait être, selon nos informations, débattue «courant décembre» à l'Assemblée nationale. La question a été relancée le 28 octobre à Rethel, dans les Ardennes, par Nicolas Sarkozy, qui a demandé aux parlementaires de se saisir «maintenant» et «sans tabou» d'une proposition de loi de Richard Mallié (UMP), déposée en avril dernier.

    Le texte du député des Bouches-du-Rhône, qui va être remanié, prévoyait une «dérogation au repos dominical» expérimentée «pendant cinq ans» dans les zones touristiques ou les zones «d'attractivité commerciale exceptionnelle» sur dérogation du préfet, après avis favorable du conseil municipal ou du président de la communauté urbaine concernée. Adepte du «laisser travailler les gens qui veulent travailler», Richard Mallié est au premier chef concerné puisque Plan-de-Campagne, l'une des plus grandes zones commerciales françaises, se situe dans sa circonscription.

    Axel Poniatowski, qui est confronté à la même situation dans le Val-d'Oise, rappelle que certaines grandes surfaces «font jusqu'à 25 % de leur chiffre d'affaires le dimanche» et que l'ouverture du dimanche «est très demandée par les consommateurs».

    Richard Mallié est prêt à supprimer la période d'expérimentation, perçue par certains comme un prélude à la généralisation du travail le dimanche, et à instituer le travail dominical dans les zones urbaines (Paris, Lyon, Lille et Marseille) de plus d'un million d'habitants. Les salariés, tous volontaires, seraient payés double.

    Au sein du groupe UMP, les adversaires résolus du travail dominical commencent à évoluer, et ses partisans gagnent du terrain. Tous réclament «un texte et des règles claires». «Je reconnais que j'ai évolué sur le sujet», déclare Isabelle Vasseur (Aisne), «car il faut tenir compte du changement sociétal avec le commerce en ligne». 37 % des Français font déjà leurs achats sur Internet, relève aussi Catherine Vautrin. La députée de Reims s'inquiète néanmoins des «effets collatéraux» de la mesure, qui peut attirer les populations vers les centres ouverts le dimanche au détriment des petits commerces.

    «Très réservé» , Christian Jacob, ancien ministre des PME, du Commerce et de la Consommation, soulève «le problème de la concurrence avec les commerces de centre-ville» et les questions d'égalité salariale, mais il n'est pas fermé au débat.

    La liberté de travailler

    Si certains députés UMP (Philippe Meunier, Philippe Gosselin, Jérôme Chartier, Jean-Frédéric Poisson) sont contre, pour des raisons «sociales et sociétales», principalement religieuses, les poids lourds de l'UMP sont pour le travail dominical, à commencer par Jean-François Copé. Le patron des députés UMP souhaite «trouver une solution en fonction des zones concernées».

    Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, et Chantal Brunel, porte-parole, mettent en avant la liberté de travailler, notamment pour les étudiants. Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques, souhaite «des avancées dans les zones frontalières et touristiques». Le libéral François Goulard et le sarkozyste Frédéric Lefebvre sont eux aussi à fond pour la réforme. «52 jours d'ouverture par an, c'est 52 jours d'emploi, de croissance et de pouvoir d'achat», plaide le député des Hauts-de-Seine. Le débat devrait enfin entrer dans sa phase parlementaire.

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