• Hortefeux et Bertrand affichent leur entente 

    De notre envoyé spécial dans le Puy-de-Dôme, Jean-Baptiste Garat
    24/10/2008 | Mise à jour : 21:13
    | Ajouter à ma sélection
    .
    Xavier Bertrand et Brice Hortefeux. (Thierry Zoccolan / AFP)
    Xavier Bertrand et Brice Hortefeux. (Thierry Zoccolan / AFP)

    À la demande de Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Immigration et son collègue du Travail ont décidé de mettre leur rivalité entre parenthèses.

    Entre ces deux hommes, le courant ne passe pas. Ils appartiennent à la même génération, au même parti, au même gouvernement, revendiquent la même fidélité à Nicolas Sarkozy. Mais Xavier Bertrand et Brice Hortefeux se toisent plus qu'ils ne se croisent. «Ce n'est pas l'amour fou, ils ne passeraient pas leurs vacances ensemble, mais ils se parlent !», explique-t-on chez l'un. «Entre eux, cela relève de la coexistence pacifique : on n'est pas obligé de s'aimer pour travailler ensemble», convient-on chez l'autre.

    Au gouvernement, leur action leur a valu à tous deux les louanges rares de l'Élysée au point qu'ils font figure chacun de premier-ministrable. À l'UMP, leur zèle les place également en possible recours au cas où… Et s'ils ne revendiquent d'autre ambition que de servir au mieux la politique de réforme de Nicolas Sarkozy, le chouchou d'entre les chouchous et le fidèle d'entre les fidèles concourent trop souvent sur le même terrain pour s'aimer. Ils se sont pourtant retrouvés, vendredi dans le Puy-de-Dôme, le temps d'une grande journée de réconciliation.

    Entre membres du gouvernement d'abord, quand le ministre de l'Immigration a accompagné son collègue du Travail pour un déjeuner avec des entrepreneurs locaux et une visite de l'usine Plastyrobel, près de Riom. Entre cadres du parti présidentiel, ensuite, quand Xavier Bertrand, secrétaire général adjoint de l'UMP, a été reçu par Brice Hortefeux, nouveau secrétaire national en charge des élections.

    Message d'unité et de loyauté

    Les deux hommes n'ont pas d'autre choix que de se retrouver. Xavier Bertrand, promu à l'UMP après la défaite des municipales pour remettre le parti en ordre de bataille, s'est lancé dans un tour de France des régions. «Je serai allé partout avant la fin octobre», annonçait-il cet été alors qu'il avalait les kilomètres. À quelques jours de l'échéance, deux régions manquaient encore à l'appel : le Limousin, où il se trouvait jeudi, et l'Auvergne qu'il a gardé pour la fin. Brice Hortefeux, de son côté, ne pouvait manquer la visite sur ses terres de son collègue du «G7» ministériel, même s'il soupirait à l'idée que Bertrand passe non pas une mais deux nuits à Clermont-Ferrand.

    Mais cette entente affichée tient d'abord à la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy. «Je veux que tu t'entendes avec tout le monde», a demandé le chef de l'État à Brice Hortefeux. «Il faut que vous fassiez des choses ensemble», s'est entendu dire Xavier Bertrand.

    «Malgré la différence de nos parcours, nous avons en commun l'essentiel : le souci de la cohésion de l'action gouvernementale et celui du rassemblement de notre famille politique», a lancé Brice Hortefeux devant les quelque 600 militants UMP réunis à Pérignat-lès-Sarliève. «Oui, nous sommes différents, mais nous sommes complémentaires. Certes, on ne se ressemble pas. C'est pour cela que nous devons nous rassembler», a expliqué pour sa part Xavier Bertrand. Pour enfoncer le clou, le ministre de l'Immigration a souligné que l'intitulé de leurs ministères respectifs partageait un même mot : l'un est ministre de la Solidarité, l'autre du Développement solidaire. Avant de reprendre la définition donnée par Saint-Exupéry du mot «solidarité» : «Faire partie de l'équipage d'un même navire.» «Ce navire, c'est bien sûr notre famille politique, dont Nicolas Sarkozy est le capitaine naturel», a expliqué Hortefeux.

    Ce message d'unité et de loyauté était d'autant plus attendu par les militants que le « navire » est en pleine tourmente. Vu de Clermont-Ferrand, comme des autres fédérations UMP, le temps de la crise financière et de la récession économique rend encore moins compréhensible les querelles d'hommes. Alors que les tensions sont de plus en plus palpables entre l'exécutif et le Parlement, les deux ministres ont voulu montrer, le temps d'une journée, un autre visage.

    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    .
    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    Mobile
    3D
    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • Audiovisuel : nouvelle guerre de tranchées au Sénat

    Audiovisuel : nouvelle guerre de tranchées au Sénat<br/>

    Les sénateurs PS et PCF ont quitté l'hémicycle dès l'ouverture des débats, après avoir dénoncé le fait que la mesure principale du texte, la suppression de la publicité, soit déjà en vigueur. A l'extérieur, 200 salariés de France Télévisions criaient leur colère.
    » Les centristes font monter les enchères

    .
  • Les Français voudraient bouleverser
    le capitalisme

    A la veille d'un colloque international important sur le « nouveau capitalisme », 53% des Français interrogées par TNS-Sofres réclament un changement « en profondeur » du système économique… contre 31% de leurs voisins européens.

    .
    .
  • Audiovisuel : les centristes font monter les enchères

    Conscient que leurs voix sont indispensables, François Fillon a fait, mardi, des gestes dans leur direction.

    .
    .
  • .

    Remaniement : Sarkozy peaufine ses choix

    L'équipe de François Fillon effectue mercredi une rentrée sous pression, même si le remaniement qui se dessine devrait être restreint.

    .
    .
  • .

    PS : les européennes, moteur d'apaisement

    Les amis de Ségolène Royal discutent avec ceux de Martine Aubry de la composition des listes aux élections de juin.

    .
    .
  • Bayrou ironise sur «le tourbillon»
    des réformes

    Lors de ses vœux, le président du MoDem s'est montré très sévère face à l'action présidentielle.

    .
    .
  • .
  • Travail dominical : l'examen du texte reporté sine die

    La proposition de loi controversée a disparu de l'ordre du jour de l'Assemblée fixé mardi matin par la Conférence des présidents.

    .
    .
  • Le PS poursuit son harcèlement
    au Parlement

    Le PS poursuit son harcèlement<br/>au Parlement<br/>

    Les députés entament mercredi l'examen du plan de relance puis, le 13 janvier,la réforme du travail législatif combattue par la gauche. Ayrault promet de ne «pas baisser la garde».

    .
  • Droit d'amendement :
    le PS prépare une bataille hors normes

    La gauche dénonce une réforme de la procédure parlementaire qui, selon elle, réduirait le droit d'expression des députés.

    .
    .
.
.