• Étienne Daho : «Chanter,
    c'est un métier d'aventurier»

    Propos recueillis par Annie Grandjanin
    17/11/2008 | Mise à jour : 10:54
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    « Philippe Constantin était mon premier éditeur. Créer un prix qui porte son nom, c'est poursuivre son œuvre. C'est aussi une responsabilité », confie Étienne Daho.
    « Philippe Constantin était mon premier éditeur. Créer un prix qui porte son nom, c'est poursuivre son œuvre. C'est aussi une responsabilité », confie Étienne Daho. Crédits photo : G1

    Le chanteur préside le prix Constantin, ce soir à l'Olympia, où il donne un concert en compagnie des dix artistes sélectionnés.

    Créé en 2002, le prix Constantin récompense de jeunes artistes qui ont marqué l'année musicale. Étienne Daho a accepté de présider le jury qui devra désigner ce soir le lauréat de la promotion 2008 parmi Arman Méliès, Asa, Barbara Carlotti, Cocoon, Joseph D'Anvers, Julien Doré, Moriarty, The Do, Thomas Dutronc ou Yael Naim & David Donatien.

    LE FIGARO. - Le prix Constantin a-t-il une signification symbolique pour vous ?


    Étienne DAHO. - Tout à fait. Philippe Constantin était mon premier éditeur. C’est lui qui a signé mon contrat avec Patrick Zelnik. Ils formaient une équipe d’agitateurs qui soutenaient les artistes. Je me souviens que mon premier album s’est vendu à mille exemplaires et que l’on m’a permis d’en faire un deuxième. Cela ne serait sans doute plus le cas aujourd’hui. Philippe a été un homme important pour moi. Créer un prix qui porte son nom, c’est poursuivre son œuvre. C’est aussi une responsabilité. Cela prend du temps d’écouter consciencieusement cent soixante albums !

    Être primé, est-ce vraiment important ?


    Bien sûr. C’est une mise en lumière, comme si on soufflait dans le dos d’un artiste pour lui souhaiter bonne chance. Quand on regarde les années précédentes, on s’aperçoit que beaucoup d’artistes ont explosé, comme Camille, Abd Al Malik, Cali… Après, il y a évidemment le parcours de l’artiste. C’est un beau et dur métier, mais c’est un métier d’aventurier.

    Quelle tendance ressort de la sélection 2008 ?


    Il y a beaucoup d’albums en anglais. Cela ne me dérange pas. C’est une des données de notre époque. On peut aussi évoquer un nouveau son. Quant à parler de nouvelle scène, on utilisait déjà cette définition quand j’ai commencé. Il n’y a pas de création amnésique. Tout le monde s’inspire de ce qui s’est fait avant.

    Il y a aussi davantage de femmes ?


    En général, je ne mesure pas le talent à la différence de sexe ! Je suis de temps en temps producteur et il m’arrive de démarcher pour faire signer des artistes. Quand on me rétorque qu’il y a déjà trop de filles, ça me glace.

    Choisiriez-vous l'un de ces jeunes artistes pour assurer votre première partie ?


    Bien sûr. Mais il faut tenir compte du critère économique. L’artiste doit pouvoir emprunter l’équipe technique de l’artiste qui passe après. C’est compliqué, de prendre systématiquement une première partie. Autrefois, un concert durait une heure. En ce moment, en tournée, je fais deux heures et demie sur scène. Et une première partie doit être dans une histoire, avoir une cohérence. Moi, par exemple, j’annonce toujours la première partie. Je sens que ça passe mieux.

    À quelques jours de votre premier concert du 3 décembre prochain à Pleyel, avez-vous le trac ?


    Toujours. Le jour où je ne l’aurai plus, j’arrête ce métier. Mais Pleyel, c’est l’apothéose. On ne décide pas de s’y produire, ce sont les programmateurs qui vous appellent. C’est un écrin somptueux, fait pour la musique. Je n’aime pas les hangars, même s’il m’est arrivé d’y chanter. Cela dit, je suis très attaché à l’Olympia, c’est là que j’ai débuté, à 17 ans. Je m’y sens un peu chez moi. À tel point qu’après chacun de mes concerts dans cette salle je suis toujours agacé de voir le nom d’un autre artiste sur le fronton !


    À l’Olympia, à 20 heures. Tél. : 08 92 68 33 68. Prix : 16,50 €.

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