• Miriam Makeba, une voix
    de l'Afrique s'est éteinte

    Samuel Laurent (lefigaro.fr)
    10/11/2008 | Mise à jour : 16:56
    | Ajouter à ma sélection
    .
    Miriam Makeba le soir de son dernier concert, dimanche à Naples. La chanteuse s'est éteinte quelques heures plus tard, à l'âge de 76 ans.
    Miriam Makeba le soir de son dernier concert, dimanche à Naples. La chanteuse s'est éteinte quelques heures plus tard, à l'âge de 76 ans.

    La chanteuse sud-africaine, auteur de succès planétaire «Pata Pata» et figure de la lutte contre l'apartheid, est décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 76 ans.

    Surnommée «Mama Africa», Miriam Makeba s'est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi après un concert en Italie.

    A 76 ans, elle venait de chanter durant une demi-heure à l'occasion d'un concert en soutien à Roberto Saviano, l'auteur du film Gomorra, menacé de mort par la Mafia, à Naples. La chanteuse était montée sur scène en dernier, et attendait le rappel du public, lorsqu'elle a été découverte gisant sur le sol, évanouie. Transportée à l'hôpital, elle est décédée à la clinique Pineta Grande de Castel Volturno, des suites d'une crise cardiaque.

    De son vrai prénom «Zenzi» (diminutif de Uzenzile), Miriam Makeba, connue dans le monde entier pour son tube, «Pata Pata», était une figure de la lutte anti-apartheid. Née à Johannesburg le 4 mars 1932 d'une mère Swazi et d'un père Xhosa, elle fut d'abord la voix du groupe the Manhattan Brothers, qu'elle accompagna en tournée aux Etats-Unis en 1959.

    Le succès arriva pour Miriam Makeba avec «Pata Pata», une chanson écrite en 1956 et enregistrée en 1962, reprise notamment par Sylvie Vartan sous le titre «Tape Tape».

    En 1965, elle fut la première femme noire à obtenir un Grammy Award, partagé avec le chanteur Harry Belafonte pour leur disque commun, «An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba».

    Exilée durant 31 ans

    Après une série de concerts dans le monde entier, l'Etat Sud-Africain l'avait déchue de sa nationalité pour sa participation à un film anti-apartheid, «Come back to Africa», l'empêchant de revenir assister aux funérailles de sa mère et interdisant même sa musique. Durant 31 ans, elle va vivre loin de son pays. Elle obtiendra un titre de citoyenneté honoraire dans dix pays, dont la France.

    En 1969, Miriam Makeba épouse Stokely Carmichael, l'un des chefs des Black Panters américains, figure contestée de la lutte pour les droits civiques, ce qui lui vaudra de nombreux ennuis avec la justice américaine et l'obligera à s'exiler en Guinée. Elle divorcera quatre ans plus tard.

    En 1985, elle est faite Chevalier des Arts et Lettres par la France. Mais la mort cette même année de sa fille unique, Bongi, à l'âge de 36 ans, et les ennuis d'argent, plongent la chanteuse dans la dépression. En 1987, alors qu'elle vit en Belgique, elle connaît un nouveau succès mondial en participant à l'album Graceland de Paul Simon.

    En 1990, alors qu'elle vient d'obtenir la nationalité française, Nelson Mandela finit par la persuader de revenir en Afrique du Sud. En 1992, elle fait une apparition dans le film Sarafina !, qui raconte les émeutes de Soweto en 1976.

    Il faudra attendre 2000 pour que Miriam Makeba sorte un nouvel album. Ce sera Homeland, un disque contant sa joie d'être rentrée dans son pays. «J'ai conservé ma culture, j'ai conservé la musique de mes racines. Grâce à elle, je suis devenue cette voix et cette image de l'Afrique et de son peuple sans même en être consciente», avait écrit Miriam Makeba dans son autobiographie.

    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    .
    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    Mobile
    3D
    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • Bashung, une classe folle

    LA CHRONIQUE d'Olivier Nuc - «Avare de confidences dès qu'il ne s'agit pas de musique, Bashung a livré avec son dernier disque un des manifestes les plus limpides sur ses états d'âme»

    .
  • Victoires de la musique :
    les nommés sont…

    …Francis Cabrel, NTM, ou Bénabar, notamment. Ils font partie des 44 groupes ou artistes en compétition pour les Victoires de la musique 2009, décernées le 28 février.

    .
    .
  • Palmarès des chansons
    les plus diffusées en 2008  

    Palmarès des chansons <br/>les plus diffusées en 2008  <br/>

    L'Institut Yacast publie les hits les plus défendus par la radio, la télévision et les discothèques.

    .
  • Hubbard rejoint Davis et Coltrane
    au paradis des jazzmen

    Âgé de 70 ans, le musicien était hospitalisé depuis un mois à la suite d'une crise cardiaque.

    .
    .
  • .

    Le boulevard
    des outsiders

    LA CHRONIQUE d'Olivier Nuc - «Les poids lourds de la variété, qu'ils soient français ou internationaux, ont rendu leurs copies en grand nombre en 2008. Ce qui ouvre un vaste champ de possibilités pour le cru qui arrive»

    .
    .
  • Nicola Sirkis : «Nous n'avons jamais été pris au sérieux»

    Le chanteur du groupe Indochine publiera un nouvel album en mars prochain et espère remplir le Stade de France en 2010.

    .
    .
  • La malle aux trésors de Neil Young

    Le chanteur canadien célèbre le quarantième anniversaire de son premier album solo avec la parution en CD d'un concert inédit.

    .
    .
  • Disparition de la chanteuse
    et danseuse Eartha Kitt

    Disparition de la chanteuse <br/>et danseuse Eartha Kitt<br/>

    L'artiste qui se décrivait comme «une minette sexy» a succombé jeudi, à 81 ans, à un cancer du colon. Née dans une plantation de coton, la chanteuse de jazz s'était forgée une solide carrière au théâtre et au cinéma.

    .
  • .

    Le coûteux divorce
    de Madonna

    La chanteuse va verser à Guy Ritchie plus de 56 millions d'euros au titre de la propriété de campagne du couple et de leur maison à Londres. Ce règlement fait de leur divorce l'un des plus chers de l'histoire.

    .
    .
  • Vivre le concert autrement

    LA CHRONIQUE de Christian Merlin - «La pièce de John Cage composée de 4'33 de silence total n'est pas une blague de potache»

    .
    .
.
.