
Les tensions qui perdurent au cœur du Parti socialiste dopent les audiences. Mardi, «Le grand journal» de Canal +, qui recevait Ségolène Royal, Vincent Peillon et Manuel Valls, a même battu son record d'audience en attirant 2,2 millions de téléspectateurs (10,6 % de PDA). Martine Aubry, mercredi soir, se livrait au même exercice. En coulisses, les tractations vont bon train pour accueillir le futur vainqueur du scrutin ou ses opposants. Anne-Sophie Lapix, la présentatrice de «Dimanche +» espère devancer la concurrence. «Ils n'ont pas la tête à leurs prochaines émissions, mais nous sommes confiants car le magazine est apprécié», explique l'animatrice, qui, pour l'instant, peut compter sur la présence de Patrick Devedjian et Manuel Valls.
Plus difficile, en revanche, de s'adjuger les faveurs médiatiques de Ségolène Royal. «Elle réagit au feeling et à l'actualité», précise Laurent Drezner, directeur adjoint de la rédaction de LCI, confiant cependant dans le poids qu'occupe le groupe TF1 dans ce genre de négociations. «Pour les politiques, il y a deux rendez-vous incontournables : le JT de 20 heures et “ Le Grand Jury ” RTL-Le Figaro -LCI».
Depuis une semaine, les chaînes ont dû s'adapter aux différents rebondissements. «Nous avons lancé beaucoup d'invitations en même temps, confie Laurent Drezner. Les intervenants sollicités ont bien compris que nous pouvions les décommander .» Le directeur de la rédaction d'i-Télé, Thierry Thuillier, entend maintenir la pression. «Nous proposons un dispositif équivalent à celui d'une soirée électorale. S'il faut aller jusqu'à trois heures du matin, nous le ferons». Co-initiateur de la retransmission des «primaires» socialistes, en 2006, Richard Michel, PDG de LCP-Assemblée nationale, aurait souhaité aller plus loin dans l'ouverture. «Je leur avais dit : Soyez transparents ! Faites-vous filmer pendant la commission des résolutions.»
Sur le terrain, la guerre a également opposé les journalistes. «La foule est devenue inimaginable autour des candidats. Raison pour laquelle nous envoyons des reporters qui savent bien se positionner » confie Pascal Emond, rédacteur en chef du site de LCI, qui a enregistré une progression de 35% dimanche dernier.» Les coulisses restent une «valeur sûre», tout comme «l'impertinence» revendiquée par Anne-Sophie Lapix. Ce n'est pas un hasard si les émissions où s'affrontent des commentateurs, aux propos souvent acérés, font partie des rendez-vous plébiscités par le public.
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