
Au pas de charge. Stéphane Courbit, l'ex-président d'Endemol France, a décidé de construire un groupe de production audiovisuelle à l'échelle européenne. Ce sera l'une des trois activités de son holding personnel Financière Lov avec le jeu en ligne et l'énergie. Sa structure dédiée à la production, Banijay, a annoncé vendredi l'acquisition de la société de production catalane El Terrat, fondée en 1989 par l'humoriste Andreu Buenafuente.
Cette société audiovisuelle très créatrice, puisqu'elle a déjà produit environ 500 formats d'émissions différentes, réalise plus de 40 millions d'euros de chiffre d'affaires et diffuse actuellement des émissions pour les chaînes Antena 3 et la nouvelle chaîne de la TNT, la Sexta.
Mais Banijay ne s'arrête pas là. Ainsi, Stéphane Courbit serait en discussions avec l'animateur français Sébastien Cauet pour l'acquisition de sa maison de production Be Aware qui totalise 22 millions de chiffre d'affaires. L'animateur producteur est présent en radio, en télévision sur TF1, et après le succès de «Code Barre» cet été, en développement de fictions. Par ailleurs, il serait en négociation avec deux annonceurs pour des miniséries destinées au mobile. Enfin, il a signé deux accords de développement avec la Gaumont pour l'écriture de deux comédies grand public.
L'accord avec Stéphane Courbit serait sur le modèle de ceux que ce dernier avait noués en son temps chez Endemol avec de nombreux producteurs animateurs. Ces derniers restant au sein de leur société et bénéficiant au terme du contrat d'un complément de prix.
La stratégie de Banijay est de participer au mouvement de concentration qui se développe dans la production en acquérant des sociétés détentrices de formats audiovisuels innovants à travers l'Europe. L'intérêt est, ensuite, d'exporter ces formats dans l'ensemble des pays dans lesquels Banijay ambitionne de s'implanter.
Dès la création de cette structure, Stéphane Courbit a investi 150 millions d'euros et fait appel à de prestigieux partenaires, Bernard Arnault, la famille Agnelli (via l'Ifil) et le groupe De Agostini, qui détiennent 51,2 % du capital. Sa puissance d'investissement devrait permettre à Banijay de s'implanter dans cinq pays européens d'ici à la fin de 2008 et de réaliser un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros pro forma.
Enfin, dans un secteur connexe, Stéphane Courbit, via sa structure d'investissement Financière Lov, négocierait l'acquisition de 49 % du capital de MyMajorCompany pour environ 3 millions d'euros. Créé il y a un peu moins d'un an par une poignée d'amis, dont Simon Istolainen et Michaël Goldmann, ce site Internet, entièrement dédié à la production musicale, propose aux internautes de miser une somme d'argent sur les artistes sélectionnés par l'équipe de MyMajorCompany et dont les morceaux peuvent être écoutés en ligne. Lorsque chaque artiste parvient à réunir sur son nom 70 000 euros de dons, la machine «industrielle» se met en route : tournage d'un clip vidéo, enregistrement d'un album vendu sur les plates-formes de musique en ligne et dans les bacs des disquaires…
Le premier à avoir essuyé les plâtres est l'auteur de Toi + Moi, Grégoire, que l'on commence aujourd'hui à entendre sur les radios. Ce chanteur à la voix voilée a mobilisé au total 347 fans pour atteindre le montant fatidique. Aujourd'hui, MyMajorCompany compte six artistes produits grâce à la communauté des internautes producteurs de musique.
La startup totalise aujourd'hui moins de 100 000 euros dans ses caisses. «Nous ne sommes toujours pas rentables, mais nous espérons le devenir d'ici à deux ans», précise Simon Istolainen. MyMajorCompany devrait produire une dizaine d'artistes l'année prochaine. De leur côté, les internautes producteurs de Grégoire devraient récupérer de deux à quatre fois leur mise selon les estimations du label communautaire.
En savoir plus
À la une


