
La rentrée de TF1 est placée sous le signe de deux grandes réformes. Celle de l'information, largement engagée par Jean-Claude Dassier, son nouveau patron, consiste à fusionner les deux rédactions de TF1 et de LCI, la chaîne d'information en continu, et à propulser Laurence Ferrari à la tête du journal de 20 heures. «Mission réussie», s'est félicité Jean-Claude Dassier. Il reste cependant une dernière étape à mettre en œuvre, le lancement prochain d'un grand portail d'information sur le Web, avec pour ambition de devenir «le site leader de l'information en France d'ici à dix-huit mois».
L'autre grand chantier qui s'ouvre chez TF1 porte sur les programmes. À l'antenne, la chaîne leader se doit de renouveler l'offre de fictions françaises. C'est la tâche confiée à André Berrault, le nouveau patron de la fiction. Serein face à la crise que TF1 a traversée sur ce segment, il rappelle que «cela s'explique par le fait que la télévision française a dû affronter en deux ans ce que les autres pays ont eu le temps de gérer en vingt ans comme l'émergence d'Internet, du jeu vidéo, des nouveaux programmes, et de tous les nouveaux modes de consommation de l'image». Pour faire face à ces évolutions, André Berrault dispose d'un budget de 200 millions d'euros avec pour objectif d'animer 80 soirées mais aussi la grille de la journée. Il mise sur deux axes : «Les films unitaires doivent rester des moments exceptionnels de télévision et il faut donc extrêmement les soigner, comme on le fait pour les films de cinéma. Les séries avec des héros récurrents doivent être de véritables marques pour la chaîne. Je rêverais d'une dizaine de séries de douze épisodes installant ces rendez-vous avec nos téléspectateurs. Mais pour cela, il faut absolument industrialiser la production et être capable de fabriquer une série complète en douze mois. Cela ne peut se faire que main dans la main avec les producteurs», explique-t-il.
C'est précisément pour répondre à cet impératif d'industrialisation de la production que le groupe TF1 a décidé de regrouper en une seule entité l'ensemble des sociétés de production du groupe. Le chantier est confié à Édouard Boccon-Gibod, le directeur général de TF1 Production. Ce secteur sensible était jusqu'à présent éclaté en six entités différentes couvrant chacune un secteur, dont la fiction, le divertissement, les programmes courts ou les magazines d'information. «Le but de la création d'un pôle unique de production est de retrouver une véritable cohérence et une meilleure efficacité. Nous disposons déjà de toutes les personnes talentueuses nécessaires, il faut maintenant qu'elles soient capables de travailler ensemble sur tous les formats, de la bande-annonce à une ambitieuse série de 180 épisodes de 21 minutes, comme le feuilleton quotidien Seconde Chance, à des conditions économiques acceptables», explique Édouard Boccon-Gibod. Seconde Chance est le pari financier et industriel de la rentrée pour TF1. Ce feuilleton d'access prime time a nécessité un investissement de 30 millions d'euros dont 23 millions financés par la chaîne TF1. Le nouveau pôle de production travaillera principalement pour les chaînes du groupe, mais devra aussi développer la vente de contenus à des chaînes étrangères ou à des diffuseurs français comme les nouveaux venus de la TNT.
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