Voilà un rapport qui viendra éclairer les très attendus «états généraux de la presse», lancés pour cet automne par Nicolas Sarkozy. La Direction du développement des médias (DDM), rattachée au ministère de la Culture, a diffusé mercredi sur son site le rapport de l'universitaire Patrick Le Floch sur «le coût des réseaux de distribution par abonnement de la presse». Sur les 5,2 milliards d'exemplaires de journaux diffusés par an, 33 % le sont par le postage, 19 % par portage, et 48 % par la vente au numéro.
Depuis longtemps, la DDM souligne l'importance de l'abonnement pour l'économie des journaux : «Il permet au journal de tirer au plus près le nombre d'exemplaires diffusés, en réduisant le nombre d'exemplaires invendus, et d'obtenir une avance de trésorerie significative.» L'abonné reçoit son journal soit par porteur à domicile, soit par courrier. La DDM met en avant les avantages du portage qui permet «d'améliorer la qualité de service demandée par le lecteur (ponctualité, régularité, disponibilité)». Dans son étude, Patrick Le Floch confirme les avantages du portage par rapport au postage, tant en termes de services rendus (le journal arrive plus tôt chez l'abonné) qu'en termes de prix. Et cela, malgré l'importante différence entre les aides de l'État (242 millions d'euros pour la Poste et 8 millions pour le portage). Le portage, très développé depuis longtemps par la presse quotidienne régionale, est voué à l'être davantage par la presse quotidienne nationale, voire magazine. Et ce, notamment en raison de la hausse régulière des tarifs postaux, comme l'ont confirmé les récents accords Presse-Poste-État signés en juillet dernier. L'auteur pointe, toutefois, les difficultés du portage dans les zones à faible densité. Il propose alors que les éditeurs de presse s'organisent pour mettre en commun la distribution de leurs titres sur le terrain. Patrick Le Floch en profite pour dénoncer l'atomisation du marché du portage entre plus de 250 entreprises dont les plus importantes sont Adrexo (Groupe Ouest-France), SDVP (Groupe Amaury), Publinice (Groupe Hersant Media) ou Promoporte (Groupe Le Figaro). Ensemble, elles emploient entre 15 000 et 18 000 porteurs. Patrick Le Floch regrette au passage la différence de statut entre les porteurs salariés et les porteurs indépendants, et le poids des charges sociales sur ce type d'emploi.
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