
LE FIGARO. - Pourquoi la RATP a-t-elle décidé de relancer la vente à la criée des quotidiens nationaux dans le métro ?
Pierre MONGIN.- Ce partenariat est né d'une rencontre il y a neuf mois avec les dirigeants du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN). Je considère qu'il est de la mission de service public de la RATP de favoriser l'accès à la presse de ses voyageurs. Dès la création du métro en 1900, ce sont déjà 300 « bibliothèques Hachette » qui avaient été ouvertes afin d'inciter les Parisiens à descendre dans le métro pour acheter leur quotidien et fréquenter ce nouveau moyen de transport. Les 4,5 millions de voyageurs qui fréquentent chaque jour le métro, auxquels s'ajoutent 1,7 million du réseau RER que nous gérons, sont un formidable levier pour renforcer la diffusion de la presse payante. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de la RATP, tournée vers le voyageur. Le journal fait partie inhérente du voyage, et permet d'enrichir le temps de transport.
Des magasins Relay sont déjà présents dans vos stations…
P. M.- Cette expérimentation de vente à la criée est organisée en partenariat avec le SPQN mais aussi avec Relay qui dispose de 130 magasins dans les stations, la SDVP (filiale de distribution du Parisien) et les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP). Ce mode de commercialisation complémentaire va permettre d'étendre l'activité des Relay et accroître leur chiffre d'affaires. Les quotidiens représentent déjà 40 % des ventes d'exemplaires de la presse sur le réseau RATP.
Comment va s'organiser ce test prévu jusqu'à fin décembre ?
Francis MOREL.- Cette expérimentation s'inscrit dans le plan mis en place depuis deux ans par les éditeurs et leurs partenaires, comme les NMPP, pour se rapprocher des lecteurs et augmenter le nombre de points de vente. Cette proximité est fondamentale. Les journaux sont achetés si les lecteurs les trouvent facilement sur leur chemin quotidien. La vente à la criée permet d'être sur leur route à des endroits de fort passage. Une vingtaine de vendeurs, présents depuis mardi dans onze stations de métro très fréquentées (lignes 5, 11, 14 du métro, et A et B du RER) proposent l'ensemble de la presse quotidienne nationale, soit 14 titres. Ce dispositif constitue une nouvelle étape dans la détermination des éditeurs d'accroître le nombre de points de vente. Notre objectif avec les NMPP est d'atteindre les 33 000, d'ici à deux ans. À fin juillet, le réseau était composé de 30 500 points de vente. Soit 640 de plus qu'en juillet 2006. C'est l'un des premiers succès du plan Défi 2010 mis en place par les NMPP.
Quel objectif de vente vous êtes-vous fixé ?
F. M. - Nous n'avons pas réellement fixé d'objectif chiffré pour ce test. Il doit permettre avant tout d'expérimenter ce mode d'achat apprécié pour sa praticité et sa convivialité. Il devrait permettre de toucher aussi un public plus jeune. La vente à la criée pourrait représenter une augmentation de chiffre d'affaires de l'ordre de 5 % d'un Relay. Nos études montrent qu'il n'y a pas de risque de cannibalisation entre ces modes de distribution. Les journaux vendus à la criée, ce sont d'abord des achats d'impulsion supplémentaires.
Quel bilan tirez-vous de la vente à la criée testée depuis mars dans une vingtaine de gares de la SNCF ?
F. M. - Un bilan complet sera réalisé en octobre. Nous savons d'ores et déjà, selon une enquête de satisfaction clients, que ce sont là encore des ventes additionnelles. Plus d'une centaine d'exemplaires au minimum ont été écoulés chaque jour par chaque vendeur à la criée.
Envisagez-vous d'étendre ce mode de vente à la criée dans le métro aux titres de presse magazine ?
F. M.- Contrairement aux quotidiens, le nombre de magazines est très important. Ce serait très compliqué à mettre en place, notamment pour des questions d'encombrement. La vente à la criée, très concentrée dans le temps, doit rester souple. Le réseau des magasins Relay est là pour assurer une bonne mise en avant et diffusion des magazines.
«Directmatin» et «Directsoir» sont proposés à l'intérieur même du métro depuis la fin de l'année 2007. Comptez-vous accueillir d'autres journaux gratuits ?
P. M.- En organisant l'offre des gratuits dans le métro, nous avons permis leur distribution dans des espaces déterminés et assuré une meilleure propreté pour nos voyageurs. C'est aussi pour nous une question de sécurité. Pour contribuer au pluralisme de la diffusion de la presse, nous avons offert à tous les éditeurs de la presse gratuite la possibilité de s'implanter sur nos espaces. Pour l'heure, seuls Directmatin et Directsoir ont saisi cette opportunité.
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