• Washington entre en force dans neuf banques 

    Pierre-Yves Dugua
    15/10/2008 | Mise à jour : 09:11 |
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    Le plan Paulson se rapproche des interventions européennes. La dette des banques va être garantie trois ans.

    De notre correspondant à Washington

    Le trésor américain devient actionnaire de neuf des plus grandes institutions bancaires des États-Unis. Et ce n'est qu'un début. « La prise de participation de l'État dans une entreprise privée est mal vue par la plupart des Américains, moi y compris. Mais l'alternative serait de laisser des entreprises et des consommateurs sans accès au financement, ce qui est totalement inacceptable », a expliqué hier Henry Paulson, secrétaire au Trésor.

    Le coût de ce premier investissement de l'Oncle Sam, censé inspirer confiance dans le système bancaire américain, est de 125 milliards de dollars. Le Trésor a mis de côté un montant équivalent pour entrer dans le capital de dizaines d'autres banques et caisses d'épargne qui en feront la demande d'ici au 14 novembre. En augmentant les fonds propres des banques, l'Administration Bush espère débloquer l'offre de crédit et minimiser l'ampleur de la récession qui semble avoir commencé. Les ressources nécessaires sont puisées dans les 700 milliards de dollars octroyés au Trésor par le Congrès au début du mois.

    Paradoxalement, les neuf premières bénéficiaires du programme n'étaient pas demandeuses de cette assistance. Elles redoutaient qu'un appel à l'État fédéral soit interprété comme un signe de fragilité. En exerçant une forte pression pour enrôler ces établissements majeurs, y compris son ancienne maison Goldman Sachs, Henry Paulson a voulu donner aux autres candidats le signal qu'il n'y a pas de honte à laisser l'Oncle Sam souscrire à des actions de préfé­rence. Ces neuf établissements « sont des institutions saines. Elles ont pris cette décision pour le bien de l'économie américaine », a souligné hier le secrétaire au Trésor.

    Le montant maximal de la participation possible de l'État américain dans le capital d'une banque est de 25 milliards de dollars ou 3 % de ses actifs, pondérés en fonction de leur risque. Les mêmes termes s'appliqueront à toutes les banques éligibles. L'État fédéral propose d'acquérir des actions préférentielles qui payent un dividende de 5 % pendant cinq ans, 9 % au-delà. Ces actions ne sont pas assorties de droit de vote. Elles peuvent être remboursées au pair après trois ans. Le Trésor américain reçoit aussi des obligations convertibles en actions ordinaires d'un montant égal à 15 % de la somme versée en actions préférentielles.

    Se plier aux règles du Congrès

    Toute banque qui accepte ces conditions, devra aussi se plier aux règles édictées par le Congrès qui limitent les rémunérations et parachutes dorés des cinq plus hauts dirigeants de la société. Pour rassurer les déposants et les investisseurs, les autorités américaines ont également emboîté le pas à nombre de gouvernements européens. Ainsi, la totalité des dépôts bancaires non rémunérés sera temporairement assurée par le fonds fédéral de garantie des banques (FDIC). Surtout, le FDIC va garantir les nouvelles créances émises par les banques d'ici à la fin juin 2009 et ce, pour une durée s'achevant fin juin 2012, ce qui devrait leur rouvrir l'accès aux liquidités.

    « Les initiatives que nous annonçons ne sont pas celles que nous souhaitions prendre, mais ce sont les initiatives que nous devons prendre pour restaurer la confiance dans notre système financier », a indiqué Henry Paulson. Ce dernier ne s'est converti qu'au cours des derniers jours à l'idée d'injecter ainsi directement des fonds propres dans les banques américaines. La paralysie des marchés de crédit et l'effondrement de Wall Street l'ont convaincu de changer d'avis. Il a aussi été incité à le faire par les leaders démocrates du Congrès et par ses homologues du G7. Le Trésor américain n'abandonne pas pour autant son programme de rachat de centaines de milliards de créances douteuses qui encombrent les bilans des banques.

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