Il parle. Sourit. Evoque sa Mission avec un « M » majuscule. De toute façon, tout ce qu'évoque Philippe Séguin ne peut être que majuscule. La République, la France, la Souveraineté et, depuis qu'il a été nommé en 2004 premier président de la Cour des comptes par Jacques Chirac, les Finances publiques... L'homme aime s'occuper de sujets qui ont du coffre. Du ronflant. C'est ainsi, une seconde nature. Chez Séguin, ce qui est sans emphase n'est pas. L'enfant terrible du RPR, l'adversaire résolu de Maastricht devenu tout miel face à François Mitterrand, le contempteur résolu du « Munich social », le génial tribun de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995 habite désormais totalement son rôle de contrôleur en chef des comptes publics. Lui qui incarna longtemps la statue du commandeur gaulliste est désormais la vigie d'un Etat volontiers dépensier et peu rigoureux. Une vigie qui, conformément à ce qu'a demandé le président de la République, peut désormais contrôler les fonds publics de l'Elysée, mais aussi de l'Assemblée nationale et du Sénat, à qui il vient d'offrir ses services. Cette extension de ses pouvoirs a contraint Philippe Séguin à sortir de son habituelle réserve. Jusqu'à maintenant, l'ermite barbu descendait en effet de son Aventin une fois par an, au moment de la remise du rapport annuel de la vénérable institution de la rue Cambon. Mais voilà qu'à la faveur de la publication par Le Journal du dimanche d'un audit qui épingle les dépenses de l'Assemblée, l'ancien président du Palais-Bourbon a été contraint de sortir du bois, de mettre un terme au splendide isolement qui convient si bien à sa personnalité sombre et éruptive, rugueuse, mais aussi pointilleuse et rigoureuse. L'occasion, en ces temps de crise financière et économique, de se poser en grand moralisateur de la vie publique. En monsieur mani pulite (mains propres) du pouvoir. Retiré de la vie politique, après son échec aux municipales, à Paris, en 2001, c'est en tous les cas avec un plaisir non dissimulé, et de cet air à la fois las et narquois de vieux matou qui en a vu d'autres, que Séguin montre qu'il n'entend pas se laisser voler son statut de Red Ader des comptes de l'Etat. Contrôler le pouvoir, à défaut de s'y trouver.
En savoir plus
À la une

Journée mondiale contre le cancer, mais aussi Journée internationale du tricot... Plus de 200 Journées sont décrétées grandes causes cette année. N'en fait-on pas un peu trop ?
Creux de 8 mètres, rafales de vent à 130 km/h, froid glacial, morceaux d'iceberg... Un début d'année éprouvant pour les skippers qui ont passé leur réveillon à la barre.
Jean Mainbourg, l'assistant de Jean-Marie Marcel, l'auteur de la photo officielle de De Gaulle, raconte pour la première fois les coulisses d'une des plus célèbres prises de vue du XXe siècle.

Synthèse des éléments politiques, religieux et culturels du monde antique, la brillante civilisation byzantine a produit de grands chefs-d'œuvre. A Londres, une exposition présente les plus somptueux. C'est Byzance !

