• Battu militairement, Joseph Kabila relance la diplomatie

    Tanguy Berthemet
    21/11/2008 | Mise à jour : 20:50
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    Le président de la RD Congo, Joseph Kabila, a rencontré hier ses homologues congolais et angolais. (AFP)
    Le président de la RD Congo, Joseph Kabila, a rencontré hier ses homologues congolais et angolais. (AFP)

    Un sommet des pays d'Afrique centrale se tiendra la semaine prochaine à Kinshasa.

    LE PRÉSIDENT congolais Joseph Kabila est à l'heure des choix. Après des semaines de combats dans le Nord-Kivu, une province de l'est du pays, qui ont vu la déroute de l'armée nationale face aux rebelles du général renégat Laurent Nkunda, le chef d'État de la République démocratique du Congo (RDC) se devait de réagir.

    Incapable de lutter militairement contre les combattants insurgés, qui profitent de la neutralité bienveillante du Rwanda, Joseph Kabila semble vouloir s'en remettre à ses alliés traditionnels. Hier, il a rendu une visite remarquée à deux de ses voisins, le Congolais Denis Sassou-Nguesso et surtout l'Angolais José Eduardo dos Santos. Cette rencontre intervient alors que des rumeurs très insistantes font état de la présence de soldats angolais au Kivu pour pallier les défaillances des troupes congolaises. Une intervention niée tant à Luanda qu'à Kinshasa.

    De son côté, l'ONU garde le silence se contentant d'évoquer, sans rire, l'éventuelle présence de mercenaires venus du Kabinda, une enclave angolaise en territoire congolais. Joseph Kabila demandera-t-il officiellement un soutien à son « frère » angolais ? Le président se refusait, hier après-midi à répondre : « Ça ne se fera pas de cette façon-là, mais dans le cadre de nos organisations. »

    Or, hier, Kinshasa a annoncé la convocation la semaine prochaine d'un sommet extraordinaire sur la crise congolaise des dirigeants de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC). Ce groupe, qui comprend dix États d'Afrique centrale, mais pas le Rwanda, est à même de légitimer la présence de troupes angolaises dans l'est de la RDC.

    « Surmilitarisation » du Kivu

    L'ONU, qui maintient 17 000 Casques bleus au Congo, a décidé pour sa part jeudi, de renforcer ses effectifs de 3 000 hommes. Mais les nouveaux contingents, sans doute indiens et pakistanais, ne devraient pas être déployés avant début 2009. En réponse, la rébellion a adressé une mise en garde contre « surmilitarisation » du Kivu. Kinshasa, tout en se félicitant de ses futurs renforts, entend presser le mouvement. Joseph Kabila n'ignore pas que le temps joue pour la rébellion, maître du terrain, et que, même s'il se refuse à l'avouer, l'heure de la négociation est venue. Le camp de Laurent Nkunda, le sait tout autant. L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, émissaire de paix de l'ONU pour le conflit, a d'ailleurs déjà rencontré ces derniers jours aussi bien Kabila que Nkunda.

    Dans ce cadre, la menace d'une intervention angolaise permettrait à Joseph Kabila d'engager les pourparlers dans une position de force en attendant les nouveaux soldats de l'ONU.

    Mais le jeu peut se révéler dangereux. Un tel mouvement peut déboucher sur une régionalisation du conflit. Luanda est effectivement déjà intervenu militairement dans l'ex-Zaïre pendant la guerre régionale de 1998-2003 contre une coalition rebelle soutenue notamment par Kigali. Un retour de soldats angolais ne manquerait pas de provoquer une réaction rwandaise, mais aussi ougandaise et déclencher une nouvelle guerre régionale.

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