• Saakachvili : «Pas de miracle» à attendre de Genève

    Propos recueillis à Bruxelles par Pierre Avril
    16/10/2008 | Mise à jour : 16:23 |
    .

    Crédits photo : AP

    INTERVIEW - Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a répondu à nos questions. Il dénonce l'occupation russe de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.

    LE FIGARO. Aucun face-à-face n'a pu être organisé mercredi à Genève entre les représentants de votre pays et les Russes. Faut-il craindre pour la poursuite du processus ?
    Mikhaïl SAAKACHVILI. Nous sommes prêts à parler avec les Russes, mais ces derniers n'ont pas l'esprit à négocier. Nous ne pouvons pas légitimer l'occupation illégale et le nettoyage ethnique qui a été perpétré en Ossétie du Sud, ni la présence de représentants (ossètes et abkhazes soutenus par Moscou, NDLR). C'est comme lorsque l'Allemagne exigeait que l'on parle avec le régime de Vichy. Il n'est pas possible d'accepter un compromis quant à la reconnaissance (par les Russes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, NDLR) et leur occupation physique de ces territoires. Les Russes construisent actuellement des bases militaires, ce qui est un désastre. Cela pose un problème de sécurité majeur pour l'Europe.

    Le ministre Bernard Kouchner a néanmoins estimé que le retrait des troupes russes au-delà de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie était acquis.
    Ce n'est pas entièrement fait. Ils se sont retirés de plusieurs villages, du port de Poti, mais il reste d'autres endroits desquels ils doivent se retirer, comme le district d'Akhalgori (qui jusqu'en août était administré par la Géorgie, NDLR).

    Êtes-vous prêt à poursuivre les discussions de Genève ?
    Ce processus est important et il faut conserver la structure de manière à obtenir plus tard des résultats concrets. Nous n'attendons pas de résultats miraculeux dans la mesure où le contexte international n'est pas propice. La nouvelle Administration américaine n'est pas en place et il y a la crise financière. Même si, aujourd'hui, la volonté fait défaut, cette dernière pourra se manifester dans les mois ou les deux ans qui viennent. Aujourd'hui, les Russes refusent que leurs troupes présentes dans la région soient remplacées par une force européenne le temps d'organiser des élections. Mais avec le temps, la Russie peut adopter un comportement plus civilisé. Il faut être patient.

    L'Europe a pris le leadership dans cette crise au détriment de vos alliés américains, et elle paraît désireuse de renouer son partenariat avec la Russie ? Vous n'êtes pas perdant dans l'affaire ?
    Pas du tout. C'est l'Union européenne en général, et la France en particulier, qui a montré beaucoup de ténacité. Grâce à l'intervention de Paris, Poutine a décidé de ne pas attaquer Tbilissi (la capitale géorgienne). Au mois d'août, le premier ministre russe était convaincu que l'Amérique ne serait pas capable de réagir et que l'Europe resterait également inerte. Il a eu raison sur le premier point mais tort sur le second. Par ailleurs, même si, à long terme, l'Amérique reste un allié important, nous sommes d'abord un pays européen et pas un quelconque satellite américain.

    Pouvez-vous affirmer que vous êtes soutenu par l'Europe alors que la France et l'Allemagne ont, en avril dernier, bloqué la première étape vers l'adhésion de votre pays à l'Otan.
    Ce blocage allemand n'était pas très utile, car cela a envoyé des signaux dangereux à la Russie. Mais ce n'est qu'une question de temps. À travers l'Otan, notre objectif n'est pas uniquement militaire, mais d'être plus proche de l'Europe. Ce processus d'intégration prendra plus de temps que prévu mais je reste relativement optimiste.

    » DOSSIER SPECIAL - Crise géorgienne : le bras de fer

    » Les Russes refusent de rencontrer les Géorgiens

    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • Bill Clinton dégage la voie pour Hillary chez Obama

    Bill Clinton dégage la voie pour Hillary chez Obama<br/>

    L'ancien président accepte de mettre au clair ses activités pour permettre à son épouse de se voir offrir le portefeuille des Affaires étrangères, dans une Administration Obama où les premières nominations privilégient l'expérience. L'annonce devrait être faite jeudi prochain.
    » VIDÉO CNN - La constitution du cabinet Obama
    » BLOG - Hillary Clinton, un atout pour Obama ?

    .
  • .

    Le ministre américain de la justice s'effondre

    VIDEO - En plein discours, Michael Mukasey a été pris d'un malaise jeudi soir, devant les caméras. Impressionnant.

    .
    .
  • Le chef des commandos d'ETA
    mis en examen à Paris

    «Txeroki», responsable militaire présumé de l'organisation indépendantiste basque, a été écroué dans la nuit de jeudi à vendredi.

    .
    .
  • .

    Piraterie somalienne,
    al Qaida des mers ?

    Dans la nuit du 18 au 19 novembre, une frégate indienne qui patrouille dans le Golfe d'Aden a envoyé par le fond un "bateau-mère" des pirates somaliens. Une belle victoire comme on les aime, celle du bien sur le mal. Pour les analystes, les choses ne sont pas si simples.

    .
    .
  • .

    La Suède ratifie
    le traité de Lisbonne

    Stockholm est devenu jeudi la 25e capitale européenne à ratifier le nouveau traité.
    » INFOGRAPHIE - Traité de Lisbonne

    .
    .
  • Le procès Politkovskaïa tourne
    à la farce

    Au moment où le congrès de Russie unie, le parti de Medvedev et Poutine, s'ouvre, le jury du procès de la journaliste assassinée se rebelle et dénonce un mensonge du tribunal qui lui attribuait le souhait du huis clos.

    .
    .
  • Le sein de Janet Jackson devant la Cour Suprême américaine

    Le gouvernement des Etats-Unis demande à la plus haute autorité de rétablir l'amende d'un demi-million de dollars contre la chaîne CBS ,sur laquelle était apparu quelques secondes le sein nu de la chanteuse pendant la finale du super Bowl 2004.

    .
    .
  • .

    Chavez veut conjurer l'usure du pouvoir

    Transformées en plébiscite par le chef de l'État vénézuélien, les élections régionales et municipales de dimanche devraient marquer un reflux de la majorité présidentielle.
    » Sous la pluie des pétrodollars, Caracas oublie le socialisme bolivarien

    .
    .
  • Sous la pluie des pétrodollars,
    Caracas oublie le socialisme bolivarien

    Tandis que les partisans de Chavez jouent les pères Noël pour séduire les électeurs, l'opposition dénonce l'explosion du taux de criminalité en deux ans.
    » Chavez tonne pour conjurer l'usure du pouvoir

    .
    .
  • .

    La bière passe mal
    sur le front afghan

    La quantité d'alcool consommée chaque année par les soldats de la Bundeswehr déployés en Afghanistan suscite la polémique.

    .
    .
.
.