
Moins d'une heure aura suffi au tribunal correctionnel d'Ajaccio pour apporter un épilogue à l'affaire Clavier. Le tribunal a condamné vendredi les dix militants nationalistes, qui avait fin août occupé le jardin de la villa de Porto-Vecchio de l'acteur, à verser 500 euros d'amende. Le jugement est plus clément que les 2000 euros réclamés par le procureur. Une réquisition là aussi mesurée puisque les accusés, parmi lesquels figuraient les élus indépendantiste de Corsica nazione indipendente (CNI) Jean-Guy Talamoni, Rosa Prosperi et Véronique Sciaretti et Paul-Félix Benedetti, responsables du mouvement nationaliste du Rinnovu. Ils encouraient «pour violation de domicile» jusqu'à 15.000 euros d'amende et un an de prison. Toutefois, les condamnés ont annoncé leur intention de faire appel du jugement qu'ils jugent trop lourd.
Aucun d'entre eux, ni leurs avocats, ni Christian Clavier n'étaient présents au moment de l'énoncé du jugement, conspué par les militants massés aux abords du palais. Le comédien, qui a porté plainte dans une autre affaire, après avoir reçu des lettres anonymes menaçant de plastiquer sa villa, ne souhaitait pas être instrumentalisé, n'ayant pas assisté à l'occupation de sa villa. Vendredi matin, les dix accusés ont décidé, eux, de ne pas assister à l'audience pour protester contre le déploiement «excessif», de forces de police à l'entrée du tribunal. Des centaines de personnes s'étaient d'ailleurs rassemblées aux alentours pour soutenir les accusés.
Le jugement de vendredi clôt une affaire qui avait viré à la polémique politique. L'occupation de la villa du héros des «Visiteurs», un proche de Nicolas Sarkozy, avait coûté son poste à Dominique Rossi, le chef des forces de sécurité de Corse. Au courant de l'opération des nationalistes, qui entendaient protester contre la «spéculation foncière, favorisée par certains élus UMP et dopée par l'installation de «people» dans l'île de Beauté, il ne l'avait pas empêchée. Il a depuis été muté à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Signe de la tension autour du développement immobilier en Corse, trois attentats et deux tentatives ont été commis dans la nuit de jeudi à vendredi. Ainsi, un commando composé de six hommes armés et cagoulés a enlevé puis relâché un couple de continentaux et tenté de faire exploser leur maison à Bastelicaccia, près d'Ajaccio.
» INFO FIGARO - Affaire Clavier : le récit du comédien
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