• La cour visite la cellule
    de Ferrara

    C.M. (lefigaro.fr) avec AFP
    21/11/2008 | Mise à jour : 11:33
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    Antonio Ferrara a quitté son procès pour protester contre ses conditions de détention.
    Antonio Ferrara a quitté son procès pour protester contre ses conditions de détention. Crédits photo : AFP

    Le déplacement de la cour d'assises pour constater les conditions d'enfermement de l'accusé sous l'autorité de l'Administration pénitentiaire est une première en France.

    C'est une première. Jeudi soir, de 23h à 1 heure du matin, tous les membres de la cour d'assises (avocats, juges et jurés) se sont rendus par petits groupes dans les geôles du premier palais de justice du pays. Les conditions de détention imposées à Antonio Ferrara et aux complices présumés de son évasion de 2003 ont ressurgi au cœur de ce procès-fleuve, dont les débats sont sans cesse contrariés par des incidents.

    La visite dans les cellules de la «souricière» hébergeant lors des débats les quatre accusés ayant quitté le procès (dont Ferrara lui-même), s'est déroulée à huis clos. Plusieurs accusés se sont plaints cette fois des conditions de leur extraction matinale. Tout est parti d'un réveil vers 06H00 pour le départ de la prison parisienne de la Santé, où au moins deux accusés n'auraient pas eu le temps de se vêtir complètement. L'un d'eux, Faouzi Hebieb, a refusé de quitter la maison d'arrêt en pyjama, exigeant de pouvoir se laver. Hamed Illouli, autre complice présumé de l'évasion, a reproché à un surveillant gradé, à la tête d'une équipe «casquée» et «cagoulée» de l'avoir menacé d'une extraction de force s'il ne se hâtait pas sous la douche, lui laissant juste le temps d'enfiler un pantalon et un tee-shirt. «Si on donne du pouvoir à un chefaillon pour bousiller un procès, on ne va pas y arriver, il faut que chacun y mette du sien», a souligné Illouli.

    Me François Cotta, qui défend un des complices présumés de l'évasion du 12 mars 2003 à Fresnes, a confié avoir découvert «un univers extrêmement inquiétant», composé d'un total de 80 cellules de moins de 3m2, «extrêmement sales». «Si on n'a pas les nerfs extrêmement solides c'est une ambiance qui peut rendre fou», a-t-elle ajouté. Dans l'après-midi, Me Bernard Ripert, un autre avocat de la défense, avait sollicité ce transport au nom du droit à «la vérité», une demande ensuite relayée par la plupart des avocats. «Ce sera pour les jurés une petite approche de ce qu'est la prison. C'est bien qu'ils se rendent compte des mauvais traitements», a lancé l'avocat, qualifiant d'»immondes» et «puantes» les cellules du palais.

    L'Administration Pénitentiaire en cause

    «Le principal responsable (des incidents à répétition, ndlr), c'est l'Administration pénitentiaire, ça s'appelle l'exercice de vengeance», a affirmé Me Francis Szpiner, conseil de Karim Achoui. «Combien de temps encore l'Administration Pénitentiaire va-t-elle abuser de notre patience? C'est elle qui pèse sur ce procès depuis le début», a-t-il insisté, sollicitant l'intervention du parquet général «pour que cessent brimades et provocations». Un responsable de l'Administration Pénitentiaire joint par l'AFP a vivement contesté ces propos. «Il n'y a aucune vengeance de qui que ce soit», a-t-il assuré. Concernant les incidents à la Santé, il a expliqué que son Administration n'avait fait qu'»exécuter une réquisition judiciaire» en réveillant les détenus «pour qu'ils soient dans le camion (d'escorte) à 7H15», comme demandé.

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