
«La fermeté ne s'oppose pas à l'humanité». C'est ainsi que Brice Hortefeux a justifié sa décision de ne plus expulser une Camerounaise à qui le préfet des Hauts-de-Seine avait pourtant envoyé un avis d'expulsion. Invité de RTL mercredi matin, le ministre de l'Immigration a fait état d'une «situation humaine particulière» pour expliquer ce revirement de situation.
Viktorine Dikobo est arrivée en France «de manière illégale et irrégulière» selon le ministre, en 2001. Le 31 janvier 2004, elle a eu un enfant avec un homme français, ce qui lui a donné droit à une autorisation de séjour. Mais le bébé meurt trois mois après sa naissance d'un «germe de staphylocoque». Viktorine Dikobo a raconté la suite devant la presse, mardi : «Après la naissance de mon fils, j'ai obtenu un titre de séjour d'un an qui a été renouvelé par la suite avec beaucoup de mal». Mais début octobre 2008, elle reçoit un avis d'expulsion de la préfecture des Hauts-de-Seine. «Ma vie s'est écroulée», résume-t-elle. Dans cet avis, il est écrit en toutes lettres qu'elle doit quitter le territoire, considérant que son nouveau-né français est mort. C'est la procédure légale qui veut que le droit au séjour donné par l'enfant s'éteigne en cas de décès.
Pour cette mère de famille qui a eu deux autres enfants avec un autre homme, étranger, et qui travaille comme nounou depuis qu'elle est en France, cette situation était «inhumaine». «Je compte me battre jusqu'au bout», et n'«imagine pas pouvoir quitter le territoire français où mon fils est enterré», avait-t-elle déclaré avant de connaître la décision du ministre.
Brice Hortefeux a donc estimé «qu'aucun élément -et évidemment pas le décès de l'enfant il y a quatre ans- ne pouvait justifier la décision prise par le préfet des Hauts-de-Seine». «Mon rôle, c'est aussi de corriger les dysfonctionnements de l'administration» a-t-il insisté.
La mobilisation des médias et des associations, «saluée» par Brice Hortefeux sur RTL, aura peut-être attiré son attention. Le réseau éducation sans frontières (RESF) avait notamment dénoncé la politique d'immigration du gouvernement en s'appuyant sur le cas de cette femme : «Le cas de Victorine Dikobo est intolérable, monstrueux, une fois de plus la politique d'immigration créé un drame. On la prive de son droit au séjour car en tant que mère d'un enfant décédé, qu'elle a eu avec un homme français, l'Etat français considère qu'elle ne peut plus faire sa vie ici».
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