• Une lettre de Petrella
    envoyée à Sarkozy

    Jérôme Bouin (lefigaro.fr)
    16/10/2008 | Mise à jour : 10:14 |
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    « Par une forme de non-violence active, j'ai essayé de faire en sorte que mes actes témoignent plus authentiquement que des mots », explique Marina Petrella dans cette lettre.
    « Par une forme de non-violence active, j'ai essayé de faire en sorte que mes actes témoignent plus authentiquement que des mots », explique Marina Petrella dans cette lettre. Crédits photo : AFP

    Dans un courrier adressé à son avocate puis transmis au chef de l'État en juillet, l'ex-brigadiste exprimait son respect et sa compassion pour les familles des victimes tout en refusant des excuses formelles.

    Est-ce un élément déterminant du «dossier» Petrella ? Un de ceux qui aurait pu faire pencher la balance en faveur de l'ex-activiste italienne, dont le décret d'extradition a été officiellement annulé vendredi par la présidence de La République. L'avocate de Marina Petrella nous a confié lundi qu'une lettre de sa cliente avait été transmise, par ses soins, au président de la République, Nicolas Sarkozy. Mercredi, le journal Le Monde publie dans ses colonnes cette lettre de l'ancienne brigadiste, adressée le 19 juillet dernier à son avocate, Me Irène Terrel. Nous nous sommes également procuré cette lettre et nous vous la proposons (la lettre en PDF).

    Dans ce courrier, Marina Petrella en profite pour revenir sur les faits pour lesquels la justice italienne la réclame. Notamment accusée de complicité dans le meurtre d'un commissaire en 1981, Marina Petrella ne formule dans ce courrier aucune excuse formelle. Mais elle exprime son sentiment quant à la perte d'une vie humaine. C'est toujours «une tragédie et une souffrance incommensurable pour les proches», explique-t-elle. «Je le ressentais ainsi même lorsqu'il y a trente ans, j'ai cru et participé, avec des milliers d'autres, à un mouvement révolutionnaire armé qui voulait changer le monde. Le choix a été déchirant».

    Alors pourquoi n'avoir jamais demandé pardon ? «La douleur, toujours, m'a accompagné», explique-t-elle. «La pudeur à la manifester et le refus d'en tirer un quelconque gain personnel ont été les seules raisons de faire obstacle à son expression. «Regret est un mot trop faible et qui engage peu». Plutôt que des mots, «par une forme de non-violence active, j'ai essayé de faire en sorte que mes actes témoignent plus authentiquement que des mots», ajoute Marina Petrella, avant de dire «sa peine, son respect, sa compassion».

    «Il faut que s'engage un dialogue»

    Ce courrier rédigé le 19 juillet, avant même que ne soit décidée la remise en liberté de Petrella, figure en bonne place dans un ensemble de documents fournis par les défenseurs de l'ex membre des Brigades rouges pour obtenir l'application de la clause humanitaire de la convention d'extradition de 1957. Elle n'est bien évidemment pas le seul «document». «Je pense que la décision de Nicolas Sarkozy aurait été la même sans cette lettre», explique d'ailleurs Me Terrel. L'avocate a en effet fourni aux autorités compétentes, au premier rang desquels la présidence de la République française, de multiples bulletins médicaux, qui témoignaient de l'aggravation de l'état de santé de sa cliente. Ces bulletins ont été produits par plusieurs spécialistes intervenant à l'établissement psychiatrique Sainte-Anne de Paris, où Petrella était hospitalisée depuis juillet, alimentée par une sonde nasogastrique. Les médecins témoignaient des risques que représentait une éventuelle extradition sur son état de santé.

    Interrogée sur l'opportunité de publier ce courrier, Irène Terrel insiste sur la nécessité d'apaisement. «Par delà la souffrance de Marina Petrella et celle des victimes, il faudrait que s'engage un dialogue entre les générations pour que cette période des années de plomb soit lue et tournée vers l'avenir».

    Sollicité par nos soins, l'Élysée n'a pas souhaité s'exprimer.

    » DOCUMENT : La lettre de Marina Petrella (PDF)

    » EN IMAGES : Marina Petrella, une extradition polémique

    » Petrella : une décision qui ne fait pas l'unanimité

    » L'engagement décisif des sœurs Bruni

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